Bientôt un vaccin pour lutter contre son addiction à la nicotine ?

C'est une petite révolution qui s'annonce prometteuse pour les fumeurs qui désirent arrêter la cigarette. Des chercheurs américains sont parvenus à mettre au point un vaccin freinant l'effet de la nicotine sur le cerveau. Les résultats, à ce jour, sont encourageants. Explications.

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Bientôt un vaccin pour lutter contre son addiction à la nicotine ? ©ShutterStock

Plus de 30 % de la population française est fumeuse. Ceux qui voudraient arrêter de fumer optent pour plusieurs solutions plus ou moins efficaces selon les cas : les patch, les chewing-gum,… Mais les résultats ne sont pas toujours concluants. C’est pour cela que les chercheurs s’attellent à découvrir un moyen capable d’aider les fumeurs à s’éloigner de la cigarette définitivement et le plus rapidement possible. L’équipe de chercheurs du département immunologie et biochimie du Worm Institute for Research and Medicine (Institut Scripps, basé en Californie, États-Unis) vient de publier les résultats encourageants d’une étude consacrée à un vaccin destiné à lutter contre l’addiction à la nicotine. Publié dans le Journal of Medicinal Chemistry, le rapport présente le déroulement de l’essai de ce vaccin sur des souris.

Comment fonctionne ce vaccin ?

Tout d’abord, il est nécessaire de rappeler que l’action de la nicotine se concentre dans le cerveau. À chaque cigarette fumée, la nicotine vient se fixer sur les récepteurs situés sur les neurones qui délivrent l’hormone du plaisir, la dopamine. Résultat : une sensation de plaisir et de bien-être qui rend accro. Une solution efficace pour contrer ce processus serait de bloquer l’arrivée des molécules de nicotine sur les neurones. C’est précisément ce que les chercheurs américains de l’Institut Scripps sont parvenus à faire grâce au vaccin mis au point. Selon leur rapport publié sur le Journal of Medicinal Chemistry, le but était d’ « obtenir une concentration suffisamment importante d’anticorps pour limiter la distribution de nicotine au cerveau ».

Concrètement, comment ça marche ? Comme l’explique Buzzarena, ce vaccin contient une séquence ADN apte à produire un anticorps capable de lutter contre l’effet de la nicotine. Ce vaccin peut donc activer la production de cet anticorps qui vient s’accrocher aux molécules de nicotine, les privant ainsi du contact avec les récepteurs situés sur les neurones. La sensation de plaisir et de dépendance serait ainsi très diminuée.

À ce jour, le vaccin a été testé sur des souris uniquement. Les chercheurs ont constaté une nette amélioration de leur état suite à l’injection du produit. Dix minutes après, les effets de la nicotine avaient considérablement faibli, et ce même plusieurs moins après le test.

Des résultats encourageants, mais pas de commercialisation immédiate

Même si les résultats observés sur les souris sont encourageants, le vaccin doit encore s’améliorer. Les chercheurs doivent désormais trouver un moyen de stimuler davantage la production d’anticorps afin d’en avoir une quantité suffisante capable de s’attaquer correctement à la nicotine.

Certaines voix s’élèvent également pour faire de ce vaccin une mesure de prévention notamment pour les jeunes. « De la même façon que des parents décident de vacciner leur enfant contre le papillomavirus, ils pourraient décider de le protéger aussi de la nicotine. », explique le chercheur Ronald Crystal cité par Buzzarena. Alors qu’un dialogue efficace peut tout aussi bien faire l’affaire, le plus souvent. L’application clinique visant à sevrer un humain grâce à un vaccin n’est donc pas encore d’actualité.

En attendant, il restera toujours les solutions actuelles pour tenter de diminuer sa consommation, avec une bonne dose de volonté. Le gouvernement tente également de prendre des mesures radicales pour dissuader les fumeurs de continuer sur leur lancée : augmentation progressive du prix du paquet de cigarettes, arrivée très prochaine du paquet neutre, campagnes ciblant les jeunes…

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Noémie Koskas