1 milliard de Chinois se partagent 100 noms de famille

En Chine, 85 % de la population se partagent seulement 100 patronymes. Au-delà de l'anecdote, ce fait crée de nombreux problèmes d'identité.

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93 millions de Chinois portent le nom Wang ©ThinkStock

Wang, Li, Zhang… comme l’impression que tous les Chinois portent le même nom ? Ce n’est pas tout à fait faux. En 2007, le ministère de la Sécurité publique a annoncé que 85 % de la population, soit presque 1 milliard d’habitants, se partageaient à peine 100 noms de famille. D’ailleurs, le peuple chinois se surnomme lui-même « laobaixing » (老百姓), soit « les vieux cent noms de famille ».

Près de 93 millions de Chinois s’appellent Wang (« roi » en mandarin), 92 millions portent le nom Li et 88 millions, Zhang. Sept autres noms de familles sont communs chacun à au moins 20 millions d’habitants, dont les Chen, les Zhou et les Lin. L’un des prénoms les plus populaires de Chine étant Tao, l’Académie des sciences de Chine estime qu’environ 100 000 personnes se nommeraient Wang Tao (en chinois, le nom de famille se dit avant le prénom).

Seulement 100 noms de famille : un problème pour les Chinois

Le fait qu’un milliard de Chinois se partagent seulement 100 noms de famille ne relève pas que de l’anecdote. La pénurie de patronymes entraîne beaucoup de problèmes dans la vie quotidienne de ce peuple. En effet, il arrive souvent que des identités soient confondues. Conséquence : des papiers administratifs se perdent ou certains Chinois se font accuser à la place d’autres portant la même identité.

A l’époque, le ministère de la Sécurité publique avait proposé que les citoyens portent la combinaison de deux noms. Par exemple, si le nom du père est « Li » et celui de la mère « Zhu », leur enfant pourrait s’appeler, au choix, « Li », « Zhu », « Lizhu » ou « Zhuli ». Grâce à cela, la Chine pourrait voir naître jusqu’à 1,28 million de nouveaux noms de famille. Cette proposition est, jusqu’alors, restée vaine, puisque la loi sur le mariage de la République populaire de Chine précise qu’un nouveau-né peut porter, au choix, le nom de son père ou de sa mère, mais ne fait aucune allusion à la combinaison des deux.

Mathilde Bourge