2013 : l’année des comètes et des astéroïdes

Cette année, deux astéroïdes et deux comètes frôleront la Terre. L'un de ces corps célestes, ISON, sera même visible à l'oeil nu au mois de novembre.

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Comète @ NASA ©DR

L’année 2013 devrait ravir tous les férus d’astronomie. Dès la semaine prochaine, l’astéroïde 99942 Apophis passera à quelques 14,5 millions de kilomètres de la Terre. Une distance qui peut paraître énorme et qui ne l’est pourtant pas tant que ça, à l’échelle de la galaxie.

Apophis, qui tient son nom d’une divinité égyptienne du mal et des ténèbres, a été bien nommée. Mesurant 325 mètres de diamètre, cet astéroïde possède une masse capable de dégager autant d’énergie que 25 000 bombardements atomique d’Hiroshima. De quoi inquiéter les astronomes qui l’avaient repéré pour la première fois en 2004 et qui craignaient alors une collision avec la Terre en 2029. Si à l’époque, les risques étaient estimés à 2,7 %, des calculs plus précis écartent aujourd’hui presque tout risque d’impact – moins d’une chance sur 250 000 en 2036 selon la Nasa.

Il est cependant impossible d’affirmer avec certitude que cet astéroïde n’inquiétera jamais la Terre. La principale inconnue demeure « l’Effet Yarkovsky », un phénomène découvert par un ingénieur russe au début du XXe siècle. Lorsqu’un corps céleste en rotation s’approche du Soleil, il s’échauffe d’un côté avant de se refroidir lorsqu’il a tourné sur lui-même. Or ces changements de température peuvent provoquer dans certaines circonstances un léger mouvement de l’astéroïde et dévier sa trajectoire, donc peut-être vers la Terre… A l’aide de ces observations, les experts pensent pouvoir réduire encore la marge d’erreur de leurs calculs, et pourquoi pas exclure définitivement tout risque d’impact.

Ensuite, le 15 février, ce sera au tour de l’astéroïde 2012 DA14 de nous frôler, à 34 500 mètres d’altitude. « Il s’agira du plus proche survol d’astéroïde qui ait été prédit », explique Mark Bailey, directeur de l’Observatoire d’Armagh, en Irlande du Nord. « Il va passer tellement près que même les astronomes amateurs pourront l’observer, peut-être même avec de simples jumelles », précise-t-il.

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Après les corps célestes composés de roche et de métaux, ceux composés de glace et de poussière, les comètes, feront leur entrée.

Le premier spectacle nous sera offert par 2011 L4, surnommée « PANSTARRS » en raison du télescope de l’Université de Hawaï qui, comme son nom l’indique, l’a détectée en 2011. La comète devrait atteindre son point le plus brillant entre le 8 et le 12 mars.

Mais c’est probablement la comète ISON dont on entendra le plus parler cette année. D’après les calculs des astronomes, elle sera visible à l’œil nu à la fin du mois de novembre, après la tombée de la nuit. Ce phénomène, très rare, devrait être observable pendant plusieurs mois. « C’est une « nouvelle comète » provenant de la région du système solaire que nous appelons le nuage d’Oort », s’étendant bien au-delà de l’orbite des planètes et qui marquerait la frontière du système solaire, indique Mark Bailey.

Mathilde Bourge