Santé : devenez «citoyen sauveteur»pour sauver des vies

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statut citoyen sauveteur
Portez secours, c'est bien mais ce n'est pas sans aucun risque. Le statut de "citoyen sauveteur" vient d'être reconnu pour vous protéger. Shutterstock ID 1323807527; Nom magazine: -

Afin de nous inciter à porter secours, la loi* a créé un statut pour protéger ceux qui pratiquent des gestes de premiers secours.

*LOI n° 2020-840 du 3 juillet 2020 visant à créer le statut de citoyen sauveteur, lutter contre l’arrêt cardiaque et sensibiliser aux gestes qui sauvent

 En France, entre 40 000 et 50 000 individus par an sont victimes d’un arrêt cardiaque inopiné. Le taux de survie s’élève à 5 %. Or la pratique du massage cardiaque associée à l’utilisation d’un défibrillateur porterait le taux de survie à plus de 50 %.

De nombreux freins empêchent souvent le passage à l’acte des témoins présents lors du malaise d’une personne : peur de mal faire, de créer des dommages corporels, d’empirer l’état du malade…

Ainsi, seulement 40 à 50 % des témoins présents sur les lieux débutent un massage cardiaque et moins de 1 % font usage d’un défibrillateur cardiaque.

Protection du citoyen sauveteur

Devient citoyen sauveteur toute personne qui « porte assistance de manière bénévole à une personne en situation apparente de péril grave et imminent ». Le citoyen est considéré comme un « collaborateur occasionnel du service public ».

En pratique cela concerne toute personne qui pratique des gestes de premiers secours, compressions thoraciques, associées ou non à l’utilisation d’un défibrillateur automatisé.

Le citoyen sauveteur est exonéré de toute responsabilité civile c’est-à-dire financière lorsque son intervention crée un préjudice à la personne qu’il a voulu sauver. Par exemple en cas de côtes cassées ce qui peut arriver lors de la pratique d ‘un massage cardiaque.

Formation aux premiers secours renforcée

La loi prévoit également l’organisation d’opérations de sensibilisation aux premiers secours auprès des élèves dans le cadre de la scolarité obligatoire, aux salariés avant leur départ à la retraite, ainsi qu’aux arbitres et aux juges sportifs.

Elle institue une journée nationale de la lutte contre l’arrêt cardiaque et de sensibilisation aux gestes qui sauvent. Les modalités de ces mesures seront précisées par décret.

L’objectif est de former 80 % de la population afin de faire passer le taux de survie des victimes de mort subite en France de 3 % à 10 % d’ici 10 ans.

En outre, le vol ou la dégradation d’un défibrillateur sont punis plus sévèrement (jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende).

par Carole Caillaud