40° au bureau: comment s’habiller?

Il fait chaud et au boulot, vous aimeriez bien adopter une tenue plus légère… Quels risques prenez-vous ?

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40° au bureau: comment s'habiller? ©ThinkStock

En principe, le salarié est libre de choisir sa tenue vestimentaire. Tant qu’elle est décente et correcte, libre à vous de vous habiller comme vous le souhaitez. Cependant, des restrictions sont possibles, si elles sont justifiées par des nécessités d’ordre professionnel (art. L. 1121-1 du Code du travail). Cela peut être le cas pour les salariés qui mènent des missions au contact de la clientèle ou dans certaines professions, notamment médicales ou industrielles, pour des raisons d’hygiène et de sécurité.

En plein cagnard, port du casque obligatoire !

Par exemple, le port d’un casque sur un chantier ou d’une blouse et de gants à l’hôpital est obligatoire. Cela est généralement prévu soit par le règlement
intérieur de l’entreprise
, soit par la convention collective, soit par le contrat de travail du salarié. Votre employeur se doit même de faire respecter ces tenues car il pourrait voir sa responsabilité engagée en cas d’accident. En dehors de ces circonstances particulières, la question se règle au cas par cas. Mais l’interdiction ou l’obligation du port d’une tenue doivent toujours être motivées par la nature de la tâche que vous avez à accomplir et proportionnées
au but recherché. Suivez le guide !

Troquer un costume-cravate contre une tenue de sport

Une tenue correcte et soignée, voire un signe vestimentaire distinctif (badge, casquette, uniforme…) peuvent être exigés lorsque les salariés sont en contact avec les clients. C’est le cas notamment dans les entreprises commerciales ou
de prestations de services.
Vous ne serez pas licencié pour vous être présenté
pour la première fois à votre travail en short ou sans cravate. Mais si vous persistez dans votre volonté de venir travailler ainsi, votre licenciement pourra être justifié par le refus d’obéir à l’ordre de ne pas porter ce vêtement.

&Eacutechanger un tailleur contre un micro-short

Votre tenue vestimentaire ne doit pas susciter un trouble dans l’entreprise. La notion de décence est cependant relative, et ce qui est accepté dans une entreprise ne le sera pas dans une autre. A contrario, on ne peut pas vous imposer une tenue sur un fondement discriminatoire. Ainsi, obliger les femmes à porter une jupe est illégal sauf impératif de la profession (uniforme des hôtesses sur un salon par exemple).

  • C’est arrivé !

Le licenciement d’une comptable, qui malgré une mise en garde du patron, persistait à venir travailler en chemisier transparent et sans soutien-gorge a ainsi été admis par la Cour de cassation. Cette tenue a été qualifiée de «tenue anormale» car de nature à semer un trouble dans l’entreprise.

Passer d’un jean-baskets à un bermuda-tongs

La protection de sa crédibilité et de son sérieux auprès du public peut justifier que votre employeur s’oppose aux tenues trop «bord de mer». Toutefois, dans les activités artistiques, culturelles ou de la communication, une image décontractée n’a, en général, aucun impact sur la réputation de l’entreprise.
De même, les juges ont considéré qu’un règlement intérieur imposant, pour le
personnel ambulancier, le port d’une cravate et précisant «pas de jeans ou de baskets» comportait des restrictions aux libertés individuelles injustifiées par la nature de leur tâche. Mais en travaillant dans la finance ou le juridique, le costume-cravate est presque toujours de rigueur.

Les 6 devoirs caniculaires de votre patron

  • 1. Alimenter ses employés en eau potable fraîche en leur en mettant à disposition (C. trav. art. R. 4225-2).
  • 2. Proposer des ventilateurs, brumisateurs d’eau minérale, stores extérieurs…
  • 3. Renouveler l’air de façon à éviter les élévations exagérées de température, les odeurs désagréables et les condensations (C. trav., art. R. 4222-1)
  • 4. Adapter les horaires de travail (commencer plus tôt le matin par exemple)
  • 5. Organiser des pauses supplémentaires ou plus longues aux heures les plus chaudes.
  • 6. Surveiller la température intérieure. Si celle-ci atteint ou dépasse 34°C, les locaux peuvent être évacués.
Carole Caillaud