5 ans de la loi anti-tabac : du positif mais toujours autant de fumeurs

Presque 5 ans jour pour jour après l’entrée en vigueur de la loi anti-tabac dans les lieux publics fermés, le bilan est plutôt mitigé. S’il est dans l’ensemble positif pour les non fumeurs, les fumeurs sont quant à eux toujours aussi nombreux et beaucoup ne se gênent pas pour braver les interdits. Le contrôle de la mesure est pointé du doigt.

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Cela fait 5 ans qu’une mesure interdit aux Français de fumer dans les lieux publics fermés, en particulier au travail, au restaurant et dans les bars. Verdict : bien, mais peut mieux faire. Bien car les effets ont été tout à fait positifs pour le tabagisme passif. Les non fumeurs ont repris par exemple plaisir à se rendre dans les bars sans prendre le risque d’empester le tabac en sortant. Leur lieu de travail est plus agréable à vivre dans l’ensemble et bien entendu leur santé est préservée.

Toujours autant de fumeurs et d’infarctus

La partie « peut mieux faire » est en revanche beaucoup plus longue à détailler. Parue le 1er février 2007, la loi anti-tabac dans les lieux publics (qui s’est ensuite étendue aux bars et restaurants) était une mesure nécessaire mais cela ne l’empêche pas de cumuler des défaillances. Si son efficacité pour les non fumeurs est indéniable, elle n’a pas fait chuter le nombre de fumeurs, au contraire. C’était pourtant un des objectifs du dispositif. D’après l’INPES, les fumeurs quotidiens représentaient en 2010 30% de la population française âgée de 18 à 75 ans, contre 28% en 2005. La consommation de cigarettes par jour a cependant diminué sur la même période, passant de 15,3 en 2005 à 13,8 en 2010. Plus grave encore, le nombre d’infarctus liés au tabagisme actif a très peu baissé.

1 salarié sur 3 exposé à la fumée au travail

Un sondage Haris Interactive réalisé pour l’association Droit des non fumeurs révèle même qu’un salarié sur trois (36%) déclare avoir été exposé à la fumée de tabac au travail lors des six derniers mois (ils étaient 21% en 2009 d’après le même sondage). Près de la moitié d’entre eux (44%) ont été exposés à la fumée sur les quais de gare, 32% dans les restaurants et les bars et 20% dans les transports en commun durant les six derniers mois également. Les sanctions prévues, jusqu’à 450 euros pour un salarié qui fume au travail notamment, ne semblent pas refroidir certains fumeurs, la faute à un contrôle quasi inexistant (il serait de toute façon très compliqué à mettre en place partout) et bien sûr à un vrai manque de civisme dans certains cas.

Adrien Guiset