88 % des photos postées par les jeunes se retrouvent sur un site pornographique

L’IWF, fondation pour la surveillance d’Internet, fait un constat inquiétant : 88 % des photos à caractère sexuel publiées sur le web par des adolescents finiraient sur des sites pornographiques.

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88 % des photos à caractère sexuel publiées sur le web par des adolescents finiraient sur des sites pornographiques. ©ThinkStock

Selon une étude de l’Internet Watch Foundation (IWF), spécialiste de la surveillance sur Internet, la majeure partie des photos dénudées (88 %) postées par les jeunes sur la toile serait réutilisée sur des sites pornographiques.

Pendant deux jours, les analystes de l’IWF (fondation basée à Londres) ont observé le chemin parcouru sur le web de 12 224 images et vidéos publiées sur 68 sites dits « discrets », blogs ou réseaux sociaux. Selon leurs résultats, 10 776 d’entre elles ont été réutilisées par un tiers, à des fins malveillantes. Certaines de ces images sont des photos envoyées entre amoureux, quelques-unes ont été récupérées sur des téléphones portables volés, d’autres, enfin, ont été prises à l’insu de la personne qui apparaît sur le cliché.

Citée par l’IWF, une femme témoigne : « Lorsque j’avais 15 ans, j’ai pris une photo explicite de moi que je n’ai jamais postée sur internet. Pourtant aujourd’hui, lorsque je tape mon nom dans un moteur de recherche, la photo apparaît dans la première page des réponses… Que ce soit mes collègues, ma famille ou mes amis, si quelqu’un tombe dessus je pourrais avoir de gros ennuis ».

La suppression des photos serait quasi-impossible

Le problème, c’est qu’il est impossible de supprimer ces images. « Une fois qu’une photo a été copiée sur un site parasite, il ne suffit pas de simplement l’effacer de son compte en ligne pour la retirer de la Toile », précise l’IWF. Seule solution : la prévention. Susie Hargreaves, la présidente de la fondation, insiste sur ce point : « Les jeunes doivent être conscients qu’une fois qu’une image est disponible sur un support numérique, elle a toutes les chances d’échapper à leur contrôle. Même si eux ne souhaitent pas la diffuser en ligne ! ».

D’après l’enquête, les jeunes filles seraient les principales victimes de ces récupérations malsaines.

Cette étude fait remonter dans les mémoires l’histoire d’Amanda Todd, cette adolescente canadienne dont le suicide a provoqué l’émoi outre-Atlantique. Pour un homme, elle avait accepté d’apparaître seins nus face à sa webcam. Celui-ci avait, contre son gré, diffusé l’image sur des sites à caractère pédophile ou pornographique. Tombée dans une profonde dépression suite à cet harcèlement, la jeune fille de 15 ans a mis fin à ses jours, le 11 octobre dernier.

 

Le 7 septembre 2012, Amanda Todd avait lancé un appel au secours sur YouTube :

 

 

Cécile David