Abercrombie & Fitch : le Défenseur des droits enquête sur le recrutement

Les employés d’Abercrombie & Fitch sont-ils choisis pour leur physique ? Le défenseur des droits soupçonne des pratiques discriminatoires. Il vient de lancer une enquête sur la politique de recrutement de la marque américaine.

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« Les gens beaux attirent d'autres gens beaux », Michael Jeffries, PDG d'Abercrombie & Fitch (magazine Salon). - crédit photo : Florent Dupuy ©Sipa

Ils étaient là, le torse nu et les pectoraux saillants, postés devant l’enseigne à attendre les clients. Une poignée de jeunes hommes sexy a attiré la curiosité des Franciliens l’an dernier lors de l’ouverture d’un magasin Abercrombie & Fitch à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) et en 2011, sur les Champs-Élysées. Les employés de la marque américaine sont-ils recrutés pour leur physique ? C’est la question que se pose Dominique Baudis, le Défenseur des droits. Il s’est auto-saisi du sujet le 15 juillet.

Abercrombie & Fitch recherche « mannequins H/F » pour « servir les clients »

Abercrombie & Fitch « semble fonder ses pratiques de recrutement sur des critères discriminatoires et notamment l’apparence physique », constate Dominique Baudis. Le Défenseur des droits a remarqué que la marque recherchait (via sa page Facebook) des « mannequins H/F » pour « servir les clients ». « Si des exigences professionnelles peuvent légitimer la prise en compte de l’apparence physique dans le cadre du recrutement de mannequins, il en est autrement pour des postes de vendeurs », précise-t-il dans un communiqué.

« Pour l’instant, on veut surtout comprendre les pratiques de l’employeur », explique Slimane Laoufi, chef du pôle Emploi privé auprès de Dominique Baudis. « Maintenant que la procédure est lancée, ils ont l’obligation de nous répondre. » (Le Point)

Abercrombie : déjà condamné aux États-Unis pour discrimination raciale

La société a déjà été condamnée aux États-Unis pour discrimination raciale à l’embauche, rappelle le Défenseur des droits dans sa décision d’auto-saisine, consulté par Le Monde. Lors d’un recours collectif en avril 2005, plusieurs personnes ont assuré avoir été recalées à l’embauche par Abercrombie en raison de leur origine. D’autres plaignants ont expliqué avoir été contraints de travailler à des postes où ils ne pouvaient être vus par les clients. L’entreprise a nié toute pratique discriminatoire mais s’est acquittée de 50 millions de dollars (près de 38 millions d’euros) pour mettre fin à la procédure.

Abercrombie : « Les gens beaux attirent d’autres gens beaux »

Si vous n’avez jamais eu l’occasion de pénétrer dans l’un des magasins de la marque, voici le décor de la boutique des Champs-Élysées : sous une lumière tamisée, de beaux vendeurs – torses nus – accueillent les clientes, qui pourront aussi croiser de séduisants mâles à l’étage, mais cette fois-ci complètement vêtus. Le tout dans une ambiance décontractée et ultra branchée.

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Cet appétit de la marque pour les corps bien sculptés ne vise pas que les vendeurs. Depuis le printemps, le PDG, Michael Jeffries, ne propose plus les tailles XL et XXL dans les rayons femmes. Et assume à 100 %.

« Les gens beaux attirent d’autres gens beaux. Nous voulons nous adresser à des gens cool et beaux », affirmait-il en 2006 dans une interview accordée au magazine Salon (Le Parisien).

VIDÉO – Ouverture d’Abercrombie à Paris – le défilé des vendeurs (2011) :

© Auféminin.com

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Cécile David