Accouchement : au Zimbabwe, crier c’est payer !

Au Zimbabwe, les femmes qui crient pendant leur accouchement vont désormais être soumises à une taxe. Chaque hurlement leur coûtera 5 dollars, une somme importante dans un pays où le revenu annuel moyen est de 150 dollars.

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Selon l’Organisation des nations unies (ONU), huit femmes décèdent chaque jour en accouchant au Zimbabwe. Photo : examen d'une femme enceinte dans un hôpital à Rusitu. - crédit : Caro Fotos ©Sipa

Au Zimbabwe, les femmes devront souffrir en silence. Selon le Washington Post, le gouvernement zimbabwéen vient d’instaurer une taxe sur les cris pendant l’accouchement. À chaque éclat de voix, les futures mamans devront verser 5 dollars (environ 4 euros). Une somme qui peut sembler anodine en France mais qui représente plus de 3 % du revenu annuel moyen au Zimbabwe, évalué à 150 dollars (115 euros).

Accouchement au Zimbabwe : pourquoi taxer les cris ?

La raison officielle – Les cris provoqueraient de « fausses alertes », qui coûtent cher. Cette information provient de l’étude sur la corruption menée par l’ONG Transparency International.

La raison officieuse – Cette taxe permettrait, tout simplement, d’amasser de l’argent. Selon Transparency International, « c’est une excuse bidon qui dissimule bien mal la volonté de « racketter » les futures mamans ». Les femmes qui n’ont pas les moyens de payer seraient obligées de rester à l’hôpital. Tant qu’elles (ou leur famille) ne remboursent pas les frais, des intérêts viendraient s’ajouter à la somme de départ. Pour information, les honoraires pour un accouchement peuvent aller jusqu’à 50 dollars (38 euros).

Les femmes contraintes à accoucher à domicile

Le problème, c’est qu’en instaurant une telle taxe, le Zimbabwe pousse les femmes à accoucher chez elles, sans accompagnement médical. Selon l’Organisation des nations unies (ONU), huit femmes décèdent chaque jour en accouchant dans ce pays, l’un des plus pauvres du monde.

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Transparency International a assuré n’avoir reçu aucune plainte à propos de cette taxe depuis qu’elle a contacté le gouvernement.

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Cécile David