Acné : quand et comment la traiter ?

8 adolescents sur 10 sont touchés par l’acné. Qu’elle soit légère, modérée, sévère ou très sévère, cette maladie de peau peut avoir des répercussions physiques mais aussi psychologiques. La Société Française de dermatologie (SFD) a publié de nouvelles recommandations sur son traitement, labellisées par la Haute Autorité de Santé (HAS).

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Acné : quand et comment la traiter ? ©ShutterStock

Rares sont les adolescents qui n’ont jamais eu de boutons ou de points noirs, le plus souvent localisés sur le visage ou sur le haut du dos. 8 adolescents sur 10 souffrent en effet de l’acné, une maladie de peau qui touche les glandes qui sécrètent le sébum. Elle provoque l’obstruction des pores de la peau et l’apparition de différentes lésions. Mais tous n’ont pas besoin d’être traités, surtout en fonction du degré de sévérité de leur acné.

En s’association avec le Société Française de dermatologie, la Haute Autorité de Santé (HAS) a donc mis à jour le mardi 20 octobre de nouvelles recommandations sur les différents traitements de cette maladie de peau à destination des professionnels et du grand public. Elles actualisent celles de 2007 et donnent des indications concernant le traitement à privilégier en fonction du patient. Ces dernières font suite à différentes inquiétudes et controverses liées aux traitements.

Acné sévère et mal-être psychologique : on traite

Selon la HAS, seules deux indications nécessitent une prise en charge de l’acné : si elle entraîne des séquelles physiques sur le patient (cicatrices indélébiles sur le visage) et si elle provoque des répercussions psychologiques qui altèrent la qualité de vie de l’adolescent et ses relations sociales : troubles de l’humeur, dépression, altération de l’image de soi, difficultés relationnelles… En effet, l’acné affecte directement l’image qu’a l’adolescent de lui et peut devenir un véritable cauchemar pour certains d’entre eux.

Un traitement adapté en fonction du degrés de sévérité

Difficile de se retrouver parmi la multitude de traitements proposés sur le marché. Certaines personnes possèdent chez elles de vraies pharmacies.

Dans le cas d’une acné très légère, un traitement local avec un gel ou une pommade à base de peroxyde de benzoyle ou de rétinoïdes est à privilégier.

Un antibiotique (doxycycline ou lymécycline par voie orale) peut toutefois être prescrit en complément et selon le cas pour une acné moyenne.

L’isotrétinoïne (plus connue sous le nom de Roaccutane) sera réservée « aux acnés sévères et très sévères et avec un risque cicatriciel », rappelle la HAS.

L’isotrétinoïne sous surveillance

Son usage est toutefois proscrit chez les femmes enceintes car il provoque des malformations graves pour le fœtus. « Pour s’assurer qu’aucune grossesse ne se déroule ou débute durant ce traitement, un test de grossesse négatif doit impérativement être fourni avant chaque prescription et renouvelé chaque mois par les femmes pendant la durée du traitement et 5 semaines après. »

Concernant les effets dépressifs liés à ce traitement, la Haute Autorité souligne que « l’augmentation du risque de troubles dépressifs avec l’isotrétinoïne n’a pas été observée dans les études sur un grand nombre de patients mais a été exceptionnellement suspectée dans des cas individuels. Pour cette raison le patient doit communiquer à son médecin – avant le début d’un traitement – tous ses éventuels antécédents personnels et familiaux de troubles psychologiques et psychiatriques et avoir un suivi rapproché notamment au début du traitement ».

Prendre en compte l’avis du patient

 La HAS insiste sur l’importance de prendre en compte les préférences du patient. « En effet, aucun traitement de l’acné n’est efficace immédiatement, il faut quelques semaines avant l’obtention d’une amélioration et le bon suivi du traitement est gage de sa réussite. Or à ce jour, moins d’un patient sur 2 (de 32 à 50%) suit correctement le traitement qui lui a été prescrit. »

Si le patient a participé au choix de son traitement, il sera d’autant plus motivé à le suivre.

Diane 35 en dernière intention

Les recommandations rappellent également les règles d’usage de la pilule contraceptive qui peut avoir des effets bénéfiques contre l’acné chez les adolescentes. « Si certaines pilules contraceptives peuvent avoir un effet positif sur l’acné, on ne peut prescrire un contraceptif à une femme qui n’a pas besoin de contraception ou de ce type de contraception », explique la HAS. Le risque de maladie thromboembolique veineuse est particulièrement accru pour les pilules de 3e et 4e génération.

Diane 35, l’anti-acnéique qui possède des propriétés contraceptives, est à réserver en dernière intention, « si l’acné persiste malgré un traitement dermatologique bien conduit, en concertation avec la patiente et un gynécologue, et en tenant compte des caractéristiques de la femme, concernant notamment le risque thromboembolique », conclut la HAS dans son rapport.

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Justine Dupuy