Addictions : des consultations jeunes pour faire le point

L'Inpes lance une campagne nationale pour faire connaître les consultations jeunes consommateurs (CJC). En place depuis dix ans, ces structures encouragent les 12-25 ans à parler librement de leur rapport à l'alcool, aux drogues et/ou aux jeux vidéos.

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Gratuite et anonyme, les consultations jeunes consommateurs n'entretiennent pas de discours moralisateurs sur l'usage des drogues et des jeux vidéos. - crédit photo : Inpes ©Capture d'écran

Connaissez-vous les CJC ? Méconnues, les consultations jeunes consommateurs sont spécialement conçues pour les jeunes adultes consommant de l’alcool, du cannabis, de la cocaïne ou pratiquant une activité addictive, type jeux vidéo. Afin de mieux les faire connaître, le ministre de la Santé et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) viennent de lancer une campagne de prévention nationale.

Addictions chez les jeunes : une campagne pour combattre les idées reçues

Depuis le 12 janvier et jusqu’au 8 février, trois spots télévisés (alcool, cannabis, jeu vidéo) vont être diffusés partout en France pour informer la population. À destination principalement des parents, ils se moquent gentiment des fantasmes entretenus par papa et maman au sujet de leur enfant. « Là, c’est Mayan, enfin, vue par elle-même (soirée mondaine). Maya vue par son père (des amis de la jeunes fille la font boire à l’aide d’un entonnoir). Maya vue par sa belle-mère (vêtues de robes moulantes, l’adolescente et ses copines sont complètement ivres dans la rue). »

CJC : parler sans être jugé

Gratuite et anonyme, les consultations jeunes consommateurs n’entretiennent pas de discours moralisateurs sur l’usage des drogues et des jeux vidéos. L’Inpes encourage simplement les jeunes âgés entre 12 et 25 ans à venir y parler de leur consommation, en compagnie ou non de leurs proches, avant que l’addiction ne s’installe durablement.

« Il ne s’agit pas de diaboliser ce qui est, à l’origine, un loisir (l’alcool, le cannabis, les jeux…), précise Olivier Phan, addictologue, responsable d’une CJC dans le Ve arrondissement de Paris (Pourquoidocteur.com). Nous savons que chez certains, ces moments de détente deviennent problématiques. Mais plutôt que de coller des étiquettes aux adolescents, nous nous concentrons sur leur trajectoire personnelle, sur la meilleure manière d’allier divertissement et vie épanouie. »

CJC : un suivi des jeunes mais aussi des familles

Créées en 2005 et progressivement mises en place dans tous les départements, les CJC sont reliées à des structures médico-sociales et sont assurées par des professionnels. Elles accueillent les jeunes mais aussi les familles, qui peuvent venir consulter sans leur enfant pour recueillir des conseils et obtenir de l’aide afin d’aider leur fille ou leur garçon à bannir progressivement les drogues ou à entretenir un rapport plus sain à l’alcool ou aux jeux vidéo.

Les consultations jeunes consommateurs visent à aller au fond des choses. Il ne s’agit pas d’un rendez-vous unique, pris à un moment de crise, mais d’une prise en charge plus ou moins longue selon les situations. Si nécessaire, le jeune et sa famille peuvent être orientés vers d’autres services spécialisés.

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Campagne CJC :


© Inpes

Damien Rigat