ADN : des scientifiques inventent un nouveau code génétique

Des chercheurs américains ont réussi à fabriquer un ADN mi-naturel. Une découverte qui pourrait permettre l'arrestation plus rapide de certains hors-la-loi.

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©ShutterStock

Un cap a été franchi. Pour la première fois, des scientifiques américains ont réussi à créer un brin de l’acide désoxyribonucléique à moitié synthétique. Une étape important dans le développement de la biologie de synthèse qui permet la création ou la modification d’être vivants. Des applications concrètes de cette découverte pourraient très bientôt être réalisées à grande échelle.

Un nouveau code génétique

L’ADN est composé de quatre éléments fonctionnant par paire : l’adénine (A) et la thymine (T) d’un côté ; la cytosine (C) et la guanine (G) de l’autre. C’est précisément l’infinie possibilité d’agencement de ces paires qui est à l’origine de la diversité humaine. Ou du moins était. Car pour la première fois, des chercheurs californiens ont réussi à créer deux nouveaux éléments synthétiques et les ont intégrer dans la double-hélice de l’ADN d’une bactérie. Au final, plus de 90 % des organismes issus de la bactérie modifiée avaient reproduit ces éléments non-naturels.

ADN mi-naturel : ça sert à quoi ?

Concrètement, la modification d’une cellule par de l’ADN non-naturel sert à créer des organismes génétiquement modifiés. Cependant, ces OGM n’ont rien à voir avec ceux utilisés, par exemple, par les agriculteurs, ces organismes étant modifiés en utilisant les éléments naturels de l’ADN existant. En février 2013, la police scientifique française avait réussi à interpeller un homme qui avait agressé des facteurs et volé leurs colis à Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis. Les cartons avaient été “piégés” par un ADN synthétique qui s’est rapidement répandu sur les vêtements du délinquant. Grâce à une lampe à ultraviolet, les forces de police avaient ainsi pu détecter ces traces et arrêter l’homme. « Dans un avenir proche, on pourrait imaginer l’utilisation de l’ADN synthétique pour identifier les auteurs d’émeutes urbaines », confiait alors à Europe 1 Laurent Pène, ingénieur en chef au laboratoire de l’Institut national de la police scientifique à Lyon.

Mais ce n’est pas tout. L’ADN non-naturel pourrait également devenir une source d’énergie importante, notamment pour faire fonctionner les voitures. Des chercheurs se penchent déjà, par exemple, sur la bactérie E-Coli qui, une fois modifiée, peut transformer la cellulose contenue dans les végétaux en biodiesel.

Plus étonnant : certains scientifiques pensent même que l’ADN pourrait remplacer… les disques durs externes ! D’après eux, quelques grammes de la molécule suffiraient à contenir des quantités astronomiques d’informations pendant des milliers d’années.

Maxime Quéma