Affaire SeaFrance : Arnaud Montebourg doit-il démissionner?

Le tribunal de grande instance de Paris a tranché et a condamné Arnaud Montebourg pour les insultes qu’il avait proférées contre les ex-dirigeants de SeaFrance. A peine ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg risque de devoir laisser sa place.

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Ce mercredi matin, Arnaud Montebourg a vu son franc-parler sanctionné par les juges du tribunal de grande instance de Paris. Il devra verser 1 euro symbolique de dommages et intérêts ainsi que payer 3 000 euros de frais de justice aux anciens dirigeants de SeaFrance. Il devra aussi faire publier sa condamnation dans la Voix du Nord, journal qui avait publié les fameuses injures d’Arnaud Montebourg.

La démission d’Arnaud Montebourg : un scenario envisageable

Lors de la campagne présidentielle, François Hollande avait clairement exprimé son envie de n’avoir autour de lui aucun ministre ayant subi une condamnation. Si la sanction judiciaire du nouveau ministre est symbolique, elle pourrait tout de même l’obliger à démissionner. D’autant plus que cette condamnation arrive pendant le mandat du ministre.

Les réactions ne se sont pas faites attendre du côté de l’UMP, Nadine Morano s’étant empressée de réclamer « la démission immédiate d’Arnaud Montebourg au nom du principe édicté par Hollande ».

François Hollande, en déplacement en Espagne, a préféré ironiser et botter en touche faisant comme si la question s’adressait au chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.
Pour le moment, aucun commentaire du côté du ministère du Redressement productif. Cependant, le ministre devrait faire appel de sa condamnation.

L’extravagance verbale d’Arnaud Montebourg condamnée

En septembre 2011, lors de sa campagne pour les primaires socialistes, Arnaud Montebourg, étaient en visite dans les locaux du Syndicat maritime Nord CFDT. Il s’était alors exprimé publiquement sur les dirigeants et membres du directoire de SeaFrance Pierre Fa, Katherine Burro-Fleta, Jean-Claude Dchappe, Jean-Luc Drugeon et Vincent Launay les traitant non seulement de patrons voyons, d’incapables mais aussi d’escrocs. La Voix du Nord avait alors publié les paroles du candidat.

Les patrons se sentant offensés ont logiquement introduit une action pour injure. Pierre Fa relève qu’Arnaud Montebourg a fait de l’extravagance son fond de commerce et que c’était lamentable.

Arnaud Montebourg s’était alors défendu en arguant que Pierre Fa avait déjà été condamné à neuf mois de prison avec sursis et 400 000 euros d’amende pour avoir assisté au détournement de 305 millions d’euros de fonds publics dans l’affaire Elf alors qu’il était le directeur d’audit.

Le tribunal n’a pas retenu cet argument jugeant qu’il n’avait aucun lien avec l’affaire et la société SeaFrance. Il a donné raison aux anciens dirigeants estimant que le terme « d’escrocs » était « inconstestablement outrageant ».

Anne-Ségolène Brun