Alcool : travailler trop inciterait à boire

Les personnes qui travaillent plus de quarante-huit heures par semaine auraient davantage de risque de consommer de l'alcool avec excès, révèle une étude menée par une équipe internationale.

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Les auteurs de ces travaux précisent qu'une consommation d'alcool à risque correspond à plus de quatorze boissons alcoolisées par semaine pour une femme, et plus de vingt-et-une pour un homme. - crédit photo : Africa Studio ©ShutterStock

Travailler trop peut parfois conduire au burn-out mais pourrait aussi jouer un rôle sur notre consommation d’alcool. Selon une étude parue dans le British Medical Journal (BMJ) et réalisée auprès de 400 000 personnes, les salariés qui travaillent plus de quarante-huit heures par semaine, c’est-à-dire au -dessus du seuil fixé par une directive européenne, ont plus de risque de développer un rapport à l’alcool néfaste pour leur santé.

Consommation d’alcool et travail excessifs : une combinaison dangereuse

Plus précisément, travailler entre 49 et 54 heures par semaine ou dépasser les 55 heures hebdomadaires augmenterait entre 12 et 13 % le risque de présenter une consommation abusive, par rapport à un rythme compris entre 35 et 40 heures par semaine.

Les auteurs de ces travaux précisent qu’une consommation à risque correspond à plus de quatorze boissons alcoolisées en sept jours pour une femme, et plus de vingt-et-une pour un homme, en sachant que chaque unité équivaut à environ dix grammes d’alcool pur. Cette dose correspond à une chope de bière (25 centilitres à 5°), un verre de vin classique (10 centilitres à 12°) on un verre de whisky de trois centilitres.

Les scientifiques notent, par ailleurs, que travailler trop peut aussi avoir un impact négatif sur la santé mentale, favoriser les accidents du travail et le développement de maladies cardiovasculaires. Associer travail excessif et consommation importante d’alcool peut donc s’avérer extrêmement dangereux pour la santé.

Santé publique : mieux encadrer la réglementation du temps de travail

Au total, quatorze pays ont participé à cette étude internationale : la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, le Royaume-Uni, le Danemark, la Finlande, la Suède, les États-Unis, le Canada, le Japon, Taïwan, l’Australie et la Nouvelle Zélande. Ces résultats pourraient encourager les autorités de ces différents États à revoir leur réglementation sur le temps de travail afin de mieux l’encadrer et ainsi préserver la santé des salariés.

Attention néanmoins aux conclusions hâtives. La fréquence de consommation d’alcool est généralement moindre lorsqu’une personne est au travail que lorsqu’elle est au chômage, tempère Cassandra Okechukwu, de l’École de santé publique d’Harvard (États-Unis). L’augmentation du risque identifié par les chercheurs en cas de travail excessif est finalement assez faible dans l’absolu mais le sujet se doit d’être examiné avec attention, précise-t-elle (AFP).

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