Alzheimer : la mémoire bientôt retrouvée ?

Des chercheurs affirment qu’il serait possible de retrouver les souvenirs des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Ces derniers ne seraient finalement ni effacés ni perdus mais simplement enfouis dans des zones inaccessibles du cerveau et donc « réactivables ». Une avancée qui donne de l’espoir.

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Retrouver ses souvenirs ? ©ShutterStock

En France, 850 000 personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer. D’ici 2030, c’est le cap des 2 millions qui pourrait être atteint. Maladie neurodégénérative, elle est caractérisée par un déclin progressif de la mémoire et de la perte des fonctions cognitives générales. Pour une équipe de chercheurs du MIT de Cambridge, dirigée par professeur Susumu Tonegawa (lauréat du prix Nobel), il serait possible de retrouver les souvenirs effacés. Comment ? En activant certaines cellules du cerveau. Pour cela, les scientifiques ont effectué une série de tests sur des souris saines et génétiquement modifiées, présentant des symptômes similaires aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

En quoi consiste l’expérience ?

Les hommes et les souris ont un point commun. En effet, notre mémoire fonctionnerait de la même manière que ces petits rongeurs. Pour son expérience, l’équipe de chercheurs du MIT a placé plusieurs souris dans une cage. Certaines étaient saines, les autres génétiquement modifiées pour qu’elles présentent les caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Les spécimens ont tous reçu une faible décharge électrique dans les pattes, une opération répétée 24 heures plus tard. Les souris saines ont directement manifesté leur peur, puisqu’elles se souvenaient de la précédente décharge. A l’inverse, les autres souris ne craignaient en aucun cas la boite. La deuxième phase de l’expérience consistait à utiliser l’optogénétique, une technologie développée dans les années 2000 qui consiste à modifier génétiquement les cellules neuronales, en les rendant sensibles à la lumière pour les activer à distance. Quand les scientifiques ont stimulé avec la lumière les neurones associés à la formation d’un souvenir, les souris mutantes ont retrouvé la mémoire de la décharge électrique. Une découverte qui tend donc à penser que les malades conserveraient les souvenirs dans une partie du cerveau, une conclusion qui donne l’espoir d’un traitement qui serait à base d’une stimulation chimique.

Et sur les humains alors ?

Le professeur Tonegawa a toutefois tempéré les résultats de cette étude, expliquant que la transposition sur des patients humains apparaît pour le moment compliquée. D’une part parce que les plaques amyloïdes qui sont impliquées dans les maladies neurodégénératives, ne se développent pas exactement de la même manière chez les hommes et les souris. D’autre part, parce que les chercheurs n’ont pas encore trouvé le moyen de stimuler le cerveau humain avec la technique de l’optogénétique.

Malgré tout, cette expérience donne de l’espoir et suggère que dans quelques années, il sera peut-être possible de réactiver les souvenirs et donc de les faire revenir à l’esprit : « L’important c’est que l’on ait réussi à démontrer que même si on a l’impression qu’un souvenir a disparu, il est en fait encore là. Reste à savoir comment le retrouver », explique le professeur Susumu Tonegawa.

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Laura Bonnet