Alzheimer : un diagnostic plus précoce et plus précis ?

Selon une étude menée par une équipe internationale de neurologues, la maladie d'Alzeihmer va pouvoir être diagnostiquée plus tôt et de manière plus fiable grâce à des marqueurs biologiques.

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Les chercheurs ont repéré 36 % de faux malades d'Alzheimer dans un essai thérapeutique mené par le passé. - crédit photo : Monkey Business Images ©ShutterStock

« Il sera désormais possible de faire le diagnostic de manière plus sûre et plus précoce », a déclaré Bruno Dubois, professeur de neurologie et chercheur à l’Inserm, qui a coordonné une étude sur Alzheimer dans la revue médicale britannique The Lancet Neurology. Après neuf ans de recherche, l’équipe internationale de scientifiques a réussi à définir de nouveaux critères pour diagnostiquer cette pathologie neurodégénérative.

Alzheimer : trois fois plus de malades d’ici 2050 ?

La maladie d’Alzheimer touche environ 40 millions de personnes à travers le monde, dont près d’un million en France. Ce nombre pourrait être multiplié par trois d’ici 2050 en raison du vieillissement de la population. Dans la plupart des cas, les premiers symptômes sont des troubles de la mémoire et des difficultés d’orientation dans l’espace et dans le temps. Suivent ensuite des troubles du comportement. Cependant, ces signaux ne concernent pas seulement la maladie d’Alzheimer. Voilà pourquoi elle « ne pouvait jusqu’à maintenant pas être diagnostiquée de manière certaine à un stade précoce », indique le Pr Dubois (AFP).

Un marqueur biologique pour confirmer le diagnostic

Les chercheurs ont passé au crible les différentes études parues sur la pathologie. À partir de deux profils cliniques spécifiques, un consensus est apparu autour du diagnostic. 80 à 85 % des cas sont caractérisés par des troubles de la mémoire épisodique à long terme. Dans de moins nombreux cas (15 à 20 %), il est plutôt question de troubles du comportement (anxiété par exemple) ou de la mémoire verbale (difficulté à trouver ses mots). Chaque profil a dû être confirmé par au moins un marqueur biologique : une ponction lombaire mettant en avant des teneurs anormales de protéines cérébrales dans le liquide céphalo-rachidien ou une tomographie par émission de positions (TEP) du cerveau, permettant de visualiser l’activité des tissus.

Par le biais de ces travaux, l’équipe du Pr Dubois a constaté que de nombreux diagnostics effectués selon les anciens critères s’avéraient mauvais. Ainsi, elle a repéré 36 % de faux malades d’Alzheimer dans un essai thérapeutique mené il y a quelques années. En détectant de manière plus fiable et surtout plus tôt la maladie, la recherche sur la maladie devrait être facilitée. Pour l’instant, aucun traitement efficace contre Alzheimer n’a été trouvé.

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Damien Rigat