Antarctique : la fonte des glaces est désormais irréversible

Des scientifiques l'attestent : la fonte des glaces dans l'ouest de l'Antarctique ne peut plus être stoppée. Elle pourrait faire progressivement monter le niveau des océans d'au moins un mètre.

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La fonte de certains blocs de glace situés dans l'ouest de l'Antarctique est plus rapide que ne le prévoyaient la plupart des spécialistes. ©ShutterStock

L’alerte lancée depuis des années par les écologistes n’a visiblement servi à rien. Deux études publiées le 12 mai indiquent que la fonte des grands glaciers situés dans l’ouest de l’Antarctique est désormais irréversible. Quelles que soient les mesures entreprises à partir d’aujourd’hui, le phénomène ne pourra plus être arrêté.

La fonte des glaces en Antarctique a atteint « un point de non-retour »

Selon les chercheurs, certains glaciers fondent plus rapidement que prévu. Dans la première étude, à paraître dans la revue Geophysical Research Letters, les scientifiques ont passé au crible les six plus grands blocs de la mer d’Amundsen (océan Austral), en se basant sur des données résultant de quarante années d’observation. Leur fonte, plus rapide que ne l’avait estimé la majorité des experts, risque de faire monter le niveau des océans de 1,2 mètre. Nous aurions atteint « un point de non-retour », explique Eric Rignot, glaciologue de l’université de Californie et de la Nasa (AFP). « Le fait que ce recul des glaciers se produit simultanément sur une vaste zone laisse penser que ce phénomène a résulté d’une seule cause : un réchauffement de l’eau de l’océan dans laquelle flotte une partie de ces masses de glace. »

Les conclusions de la deuxième étude, publiée dans la revue Science, sont les mêmes. Cette fois, les recherches ont été menées sur le bloc le plus important de la mer d’Amundsen, le glacier Thwaites (120 kilomètres de largeur). D’après les analyses des scientifiques, ce dernier devrait totalement se désintégrer d’ici deux à cinq siècles. Il serait ainsi responsable d’une augmentation du niveau des océan d’environ 60 centimètres. Après une période de quasi-stabilité jusqu’en 2006, le glacier s’est mis à perdre plusieurs mètres d’altitude par an. Il se déplacerait désormais vers l’océan à une vitesse de 0,8 kilomètre par an, soit 33 % plus vite qu’auparavant.

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Damien Rigat