Antidépresseurs, somnifères… Les psychotropes sous contrôle !

Publiée le 25 octobre, une expertise collective de l’Inserm indique qu’il faudrait renforcer l’encadrement de la délivrance de médicaments psychotropes, afin de limiter leur consommation abusive et leur trafic.

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Une expertise de l’Inserm indique qu’il faudrait renforcer l’encadrement de la délivrance de psychotropes. ©ThinkStock

Selon une expertise de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) réalisée par 11 spécialistes, il est nécessaire de renforcer l’encadrement de la délivrance de psychotropes pour réduire les abus de consommation, leur détournement et leur trafic.

Généraliser les ordonnances sécurisées

Les psychotropes sont un ensemble de médicaments qui regroupe les hypnotiques (somnifères), les anxiolytiques (tranquillisants), les neuroleptiques (antipsychotiques) ou encore les antidépresseurs.

Si l’Inserm s’intéresse d’aussi près à ces médicaments, c’est parce qu’ils peuvent, dans certains cas, entraîner une dépendance. Pour limiter leur consommation excessive mais aussi leur trafic, l’institut souhaite généraliser l’utilisation des ordonnances sécurisées (infalsifiables), délivrées actuellement uniquement pour les psychotropes jugés « dangereux » et enclins à « un risque d’abus majeur ». C’est notamment le cas de la morphine.

Renforcer la prévention

L’expertise attire particulièrement l’attention sur les premières prescriptions d’anxiolytiques et/ou de somnifères. Selon l’institut, les médecins devraient préciser clairement à leurs patients à quelle date ils peuvent commencer le traitement et, surtout, à quel moment ils doivent l’arrêter.

Autre élément clé du rapport : la prévention. Les 11 experts s’accordent à penser qu’il est nécessaire d’expliquer aux jeunes, dès le collège, le fonctionnement des psychotropes. L’expertise précise qu’ils ne doivent « pas [pour autant] être diabolisés ». Les élèves devront comprendre que ces médicaments sont, certes, « très efficaces et très utiles pour les personnes qui en ont besoin [mais que leur consommation doit être] limitée dans le temps ».

18 % des Français âgées de 18 à 75 ans consomment au moins un médicament psychotrope par an, selon une étude « Baromètres Santé » de l’Inpes*, datée de 2010.

* En partenariat avec divers acteurs de santé, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) réalise depuis 1992 des enquêtes, nommées « Baromètres Santé », qui analyses les comportements de santé des Français.

Cécile David