Anxiolytiques et démence : le lien est confirmé

Une étude parue ce jour confirme le lien étroit qui existerait entre les benzodiazépines et la survenue de la démence du type Alzheimer.

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Attention à la surconsommation de benzodiazépines ! © diego cervo ©Fotolia

La Haute Autorité Sanitaire alertait en début de semaine sur la trop forte consommation en somnifères des Français, rappelant des risques sur la santé d’une trop forte absorption de benzodiazépines, l’un des composants des somnifères. Une étude publiée ce jour dans la revue The British Medical Journal vient enfoncer le clou : oui, il existe un lien très étroit entre la prise régulière de benzodiazépines et la démence.

Pour parvenir à ces conclusions, deux professeurs français, un en pharmacologie et un neurologue, ont mené une vaste étude sur plus de vingt ans, et les conclusions sont sans appel : dans les quinze ans qui suivent une prise régulière et sur la durée de benzodiazépines, le risque de développer une démence de type Alzheimer est 50 % plus élevé que pour les personnes ne consommant pas de benzodiazépines. Pour autant, Bernard Bégaud, co-auteur de l’étude interviewé par le journal Libération, tient à rappeler que les benzodiazépines « demeurent des médicaments utiles et parfois indispensables ». Seulement voilà, on oublie souvent que ce type de traitements doit être limité dans le temps, souvent pas plus de deux à quatre semaines relève encore le professeur Bégaud. Or ceci n’est pas toujours respecté…

La molécule de benzodiazépine, qui agit sur le système nerveux central, est commercialisée en France depuis les années 60. On la retrouve dans les médicaments contre l’insomnie, l’anxiété, mais ou encore les contractures musculaires. En tout, plus de 130 millions de boites de cette molécule auraient été vendues en 2010 en France !

Hélène Demazures