Arrêt du tabac : la cigarette électronique, un vrai allié ?

Les personnes qui essaient d'arrêter le tabac sans l'aide d'un médecin auraient 60 % de chances en plus d'y parvenir si elles utilisent la cigarette électronique au lieu du patch ou du chewing-gum à la nicotine.

0
9066
Au cours de l'étude, 20 % des personnes mobilisées ont réussi à arrêter de fumer à l'aide la cigarette électronique. - crédit photo : Gianluca Rasile ©ShutterStock

L’impact de la cigarette électronique sur le marché du tabac est encore méconnu, faute de recul. Si certains spécialistes pensent qu’elle risque de pousser les jeunes à se tourner vers la vraie cigarette, d’autres estiment qu’elle pourrait, au contraire, devenir un véritable allié dans la lutte contre le tabagisme. Dans une étude parue le 20 mai dans la revue scientifique Addiction, des chercheurs de l’University College de Londres (UCL) révèlent que le dispositif serait particulièrement efficace chez les personnes désirant arrêter le tabac sans aide professionnelle.

L’e-cigarette, mieux que le patch et le chewing-gum à la nicotine

L’équipe en charge de ces travaux ont interrogé 5 863 fumeurs britanniques entre 2009 et 2014. Ils ont constaté que les personnes qui tentent d’arrêter de fumer sans le soutien d’un professionnel de santé ont environ 60 % de chances en plus d’y parvenir en utilisant l’e-cigarette. Un pourcentage établi en comparaison avec les individus se tournant vers les substituts nicotiniques, comme les patchs et les chewing-gums, ou ne comptant que sur leur seule volonté. Au cours de l’étude, 20 % des personnes mobilisées ont réussi à arrêter de fumer à l’aide de la cigarette électronique.

E-cigarette : encore plus de bénéfices avec les nouveaux modèles ?

Les auteurs de ces travaux sont enthousiastes. « Aucune augmentation des taux de tabagisme chez les non-fumeurs utilisateur d’e-cigarettes » n’a été observée, précisent-ils. Une autre enquête, menée par la même équipe de chercheurs, montre que la plupart des participants adeptes de la cigarette électronique utilisaient des dispositifs de première génération. Avec l’amélioration du produit (cartouches rechargeables, choix de la concentration en nicotine, multiplicité des saveurs…), les scientifiques pensent que les bénéfices pourraient être encore plus importants dans les années à venir.

« On ne sait pas encore si l’utilisation à long terme de l’e-cigarette comporte des risques de santé, tempère le Pr Robert West, du département d’épidémiologie et de santé publique de l’UCL et auteur principal de l’étude. Mais d’après les informations dont on dispose aujourd’hui, sa vapeur est beaucoup moins dangereuse que celle du tabac. »

Sur le même thème :

Lire aussi : Les adolescents fument moins et apprécient l’e-cigarette

Lire aussi : La cigarette électronique, interdite dans les lieux publics ?

Damien Rigat