Attentats à Paris : qu’est-ce que la fiche « S » ?

L’un des assaillants du Bataclan, Ismaël Omar Mostefaï, faisait l’objet d’une fiche « S ». Que signifie cette fameuse fiche de renseignement ? Explications.

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Attentats à Paris : qu’est-ce que la fiche « S » ? ©Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

L’un des kamikazes du Bataclan s’appelait Omar Ismaïl Mostefaï. Tout comme les autres terroristes, Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, Amedy Coulibaly, Yassin Salhi et Sid Ahmed Ghlam, il faisait d’objet d’une fiche « S » pour « Sûreté d’État ».

À quoi sert-elle ?

Cette fiche est réservée aux individus menaçant potentiellement la sécurité nationale. Elle fait partie des 21 sous-catégories du fichier des personnes recherchées (FPR), vieux de plus de quarante ans. Dans ce fichier, les catégories sont associées à une lettre : « M » pour les mineurs en fugue, « AL » pour les aliénés, « V » pour les évadés, ou encore « T » pour les débiteurs envers le Trésor et « IT » pour les interdits de territoire.

Elle regroupe les individus considérés comme les plus sensibles et dangereux, soupçonnés d’être en lien avec une organisation terroriste et qui menacent directement la sûreté de l’État. On y trouve principalement des suspects liés à l’islamisme radical. Mais pas seulement, « des militants d’extrême gauche comme l’ultradroite, des hooligans ou bien des altermondialistes ou encore des activistes identifiés parmi les Black Blocks font aussi l’objet de fiches S. Cette fiche n’est pas exclusivement réservée aux terroristes présumés », précise un enquêteur spécialisé au Parisien. « La fiche S est avant tout un marqueur qui permet de retracer vos déplacements et de cibler vos fréquentations. Elle sert aussi à affiner un profil ».

La fiche « S » a plutôt un rôle d’alerte. Elle donne des renseignements aux autorités mais ne déclenche aucune surveillance ou arrestation automatique. Elle est activée lorsqu’un individu fiché est contrôlé.

Que contient une fiche « S » ?

Elle contient l’état civil, la photo de la personne concernée, le signalement, les motifs de recherche, mais aussi la conduite à tenir par la police en cas de contrôle. Un policier qui contrôle une personne fichée « S » doit le signaler aux services de renseignement et le questionner « discrètement » sans l’interpeller.

« En général, c’est la Direction générale de la sûreté intérieur (DGSI) qui produit les fiches «S », mais elles peuvent également être créées à partir d’informations fournies par d’autres pays, ou dans le cadre d’une collaboration internationale », précise RTL.

La fiche « S » est divisée en 16 catégories correspondant au niveau de dangerosité de l’individu. Le premier est « S1 » qui regroupe les individus considérés comme étant les plus dangereux. Le suspect du Thalys, Ayoub El Khazzani, était lui fiché au niveau 3. Mohamed Merah n’était classé qu’au niveau 5, qui impliquait de le signaler en cas de passages à la frontière. D’après Le Parisien, le « S14 » correspond « aux combattants étrangers partis mener le jihad sur le théâtre des opérations et qui en sont revenus ».

Interrogé sur RTL, ce lundi 16 novembre, Manuel Valls a évoqué « 10 500 fiches « S » ».

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Marine Vautrin