Autisme : l’exposition à la pollution augmenterait les risques

Selon des chercheurs américains, les femmes enceintes les plus exposées à la pollution auraient deux fois plus de chance de donner naissance à un enfant autiste, par rapport aux femmes évoluant dans un environnement sain.

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Les femmes enceintes qui vivent dans les zones où les niveaux de particules de diesel ou de mercure sont les plus élevés ont deux fois plus de risque d’avoir un enfant autiste. ©ThinkStock

Une nouvelle étude met en garde les futures mamans : la pollution augmenterait le risque d’autisme chez les enfants nés de femmes exposées. Publiée sur internet le 18 juin, cette enquête a été réalisée par des chercheurs de la faculté de santé publique de l’université de Harvard (HSPH, États-Unis). C’est la première fois que des scientifiques américains s’intéressent à échelle nationale au lien entre autisme et pollution de l’air.

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Femmes enceintes : attention aux particules de diesel et de mercure

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs se sont basés sur une enquête de long terme (commencée en 1989) effectuée sur plus de 116 000 femmes. Parmi elles, ils ont observé 325 femmes dont l’enfant était autiste et 22 000 dont l’enfant n’était pas touché par le trouble. Les scientifiques ont tenté d’établir un lien de cause à effet entre l’exposition à la pollution et la pathologie. Pour cela, ils ont analysé les niveaux des différents polluants présents dans l’air du lieu des naissances, par l’intermédiaire des données de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).

Bilan : les femmes vivant dans les zones où les niveaux de particules de diesel ou de mercure sont les plus élevés ont deux fois plus de risque d’avoir un enfant autiste que celles évoluant dans les régions les moins exposées.

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Les chercheurs ont remarqué que les particules de plomb, de manganèse, de chlorure de méthylène et de métaux combinés étaient également associées à un risque plus élevé d’autisme chez les futurs bébés.

La qualité de l’air a un impact sur le développement de l’enfant

Cette étude n’est pas la première à mettre en avant un lien entre l’environnement de la future maman et la santé de son enfant. Le 13 juin, l’Institut de recherche médicale confirmait la dangerosité des pesticides, en particulier pour les fœtus. Quatre mois plus tôt, des scientifiques pointaient du doigt les effets de la pollution sur les nourrissons : une femme enceinte exposée à des microparticules atmosphériques aurait davantage de risque d’accoucher d’un enfant chétif.

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Damien Rigat