Autogreffe : un nez pousse dans son dos

Pour recouvrer le mouvement, une tétraplégique a subi une greffe de cellules souches au niveau de sa colonne vertébrale. Huit ans après l'intervention, la patiente a constaté une excroissance de 3 cm dans son dos.

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Après une intervention dans sa colonne vertébrale, une tétraplégique a constaté une excroissance en forme de nez dans son dos. ©ShutterStock

Il arrive que certaines greffes soient rejetées. Mais une jeune femme, devenue tétraplégique après un accident de la route à l’âge de 18 ans, vit une situation bien plus étonnante. Après avoir reçu une injection dans la colonne vertébrale de cellules souches prélevées dans sa cavité nasale, cette patiente s’est rendu compte qu’une excroissance poussait dans son dos.

Comment cela est-il possible ?

Trois ans après son accident, la jeune femme a décidé de subir une opération pour récupérer l’usage de ses jambes. Les médecins de l’hôpital Egas Moniz de Lisbonne, au Portugal, lui proposent alors une intervention pour régénérer les liaisons nerveuses entre son cerveau et ses jambes. Le principe ? Injecter des cellules souches, prélevées dans sa cavité nasale, au niveau de sa vertèbre touchée. Mais les résultats ne sont pas des plus concluants.

Huit ans après, la jeune femme a commencé à souffrir de lésions nerveuses au niveau de la colonne vertébrale jusqu’à constater une excroissance de 3 centimètres de long de son dos. Après analyses, les médecins se sont aperçus que cette protubérance était en forme de nez et contenait des petits morceaux d’os et de nerfs normalement présents au niveau des cavités nasales.

Un cas à ne pas prendre pour une généralité

L’affaire, relayée dans la revue Journal of Neurosurgery : Spine, ne s’est pas arrêtée là. La jeune femme a pu se faire retirer ce “nez dorsal”, comme le précise son chirurgien Brian Dlouhy, neurochirurgien de l’université de l’Iowa. D’après lui, cette excroissance était « bénigne », mais sécrétait « une substance abondante et épaisse ressemblant à du mucus », expliquant probablement les douleurs de la patiente.

En 2010, des travaux publiés dans la revue Neurorehabilitation & Neural Repair relataient une expérience menée sur onze patients, ayant tous recouvré le mouvement grâce à l’autogreffe nasale. Mais selon George Daley, chercheur de l’école de médecine de la faculté de Harvard, ce cas malheureux montre « l’état primitif de nos connaissances sur la façon dont les cellules s’intègrent, se divisent et se développent. »

Maxime Quéma