Banque alimentaire : des taureaux de corrida pour préparer les repas

La banque alimentaire du Vaucluse a décidé d'accepter le don de six taureaux, morts dans des corridas. Si cette viande pourra nourrir de nombreux nécessiteux, l'initiative déplaît aux associations anti-corrida.

0
7723
corrida ©ThinkStock

La banque alimentaire du Vaucluse a accepté l’offre des abattoirs de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, de fournir l’association en viande de taureaux, tués dimanche lors d’une corrida dans les arènes de Châteaurenard.

L’initiative, relayée par le journal Midi Libre, n’est pas du goût de tout le monde.

Des associations anti tauromachique en colère

L’offre est pourtant alléchante ! Ces six taureaux, victime de leurs toréadors dimanche 15 juillet, représentent 600 kg de viande, soit 10 000 repas, d’une valeur de 5 000 euros.

Si la consommation de viande issue de corrida est autorisée dans les départements à tradition tauromachique, la décision de la banque alimentaire du Vaucluse est loin de faire l’unanimité.

Des militants anti-corrida se sont empressés de relayer l’information sur Facebook puis la Fédération des luttes pour l’abolition des corridas (FLAC) s’est adressée à la banque alimentaire via la presse.

« Nous vous demandons avec toute notre force de renoncer à cette viande issue d’une souffrance particulièrement révoltante. Comme c’est le cas pour les Restos du Coeur qui l’ont toujours refusée. Ajouté à cela, cette viande stressée et pleine de toxines n’est pas sans risque », écrit dans un courriel Thierry Hély, chargé de communication à la FLAC.

La banque alimentaire ne veut pas se laisser faire

Face à de telles critiques, la banque alimentaire ne semble pas vouloir lâcher prise. « Nous reconnaissons aux associations et aux personnes le droit de s’indigner contre la pratique de la corrida. Mais pour notre part, nous nous indignons de l’état d’insécurité alimentaire que connaissent près de 23 000 personnes du Vaucluse », s’est indigné Maurice Lony, directeur fédéral de la Banque alimentaire, dans un communiqué, tandis que la polémique prenait de l’ampleur. « Serait-il raisonnable de jeter et de détruire cette viande plutôt que de la donner ? », a-t-il ajouté.

Il se défend également en expliquant que si cette viande n’est pas donnée à la banque alimentaire, elle finira dans le commerce ou en farine animale. Selon lui, la destinée la plus utile que ces taureaux puissent avoir est de finir dans l’assiette des plus nécessiteux, tout en leur précisant l’origine de la viande.

Une polémique qui ne fait que commencer.

Mathilde Bourge