Bientôt de l’huile de palme « durable » dans le Nutella

Six industriels français, dont le fabricant de Nutella, Ferrero, s’engagent à utiliser de l’huile de palme durable d’ici 2015. En clair, de l’huile produite dans le respect de l’environnement et des populations locales.

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En France, environ un quart de l’huile de palme consommée (130 000 tonnes par an !) est certifiée « durable ». ©Fotolia

Les consommateurs de Nutella arrêteront bientôt de culpabiliser. Une Alliance française, composée d’entreprises de l’agroalimentaire, dont Ferrero, n’utiliseront plus que de l’huile de palme produite avec certaines garanties sociales et environnementales, dès 2015.

Le gouvernement avait légèrement mis la pression aux industriels l’an passé, en émettant l’idée d’une « taxe Nutella ». L’amendement, finalement rejeté, proposait de taxer plus lourdement les produits alimentaires contenant de l’huile de palme, de palmiste et de coprah, afin de décourager les industriels d’en utiliser. 

Finalement, six d’entre eux (Ferrero, Nestlé, Unilever, Vandermoortele, CSM, Cérélia), soutenus par trois organisations professionnelles (Association nationale des industries agroalimentaires, Alliance 7 et la Fédération nationale des industries de corps gras), ont pris les devants en s’engageant « à utiliser d’ici [à] 2015 une huile de palme qui réponde aux critères de durabilité définis par la RSPO (Round table on sustainable oil = Table ronde pour une huile de palme durable) », précise l’Alliance dans un communiqué. Depuis 2011, la RSPO délivre un label certifiant que les cultures se font dans le respect de l’environnement et des populations locales.

De l’huile de palme durable pour sauver les orangs-outans

Voilà plusieurs années que l’huile de palme est pointée du doigt. D’abord parce qu’elle serait à l’origine de problèmes cardio-vasculaires chez les grands consommateurs de produits qui en contiennent. Mais surtout parce que le développement fulgurant de la culture de la palme, ces vingt dernières années, a conduit à la déforestation d’immenses espaces naturels qui abritaient une biodiversité riche (85 % en Malaisie et en Indonésie). Les exploitants ont privé des gibbons et des orangs-outans de leurs arbres, et poussé certaines populations à se déplacer, au nom de la rentabilité et du profit.

Actuellement, 15 % de l’huile de palme produite possède le label délivré par la RSPO. Mais l’organisation serait parfois trop laxiste sur les critères d’attribution. « Nous allons œuvrer pour que la RSPO soit plus stricte », a expliqué Marc Toussaint, porte-parole de l’Alliance, qui assure aussi mettre en place « un système de traçabilité performant ».

En France, environ un quart de l’huile de palme consommée (130 000 tonnes par an !) est certifiée « durable ». Dans deux ans, nous devrions tous nous y mettre !

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Julie Toury