Bientôt la fin des stock-options chez L’Oréal

Jean-Paul Agon, le PDG de L'Oréal (et le mieux payé de France), souhaite mettre fin aux stock-options au sein de son entreprise. Il se dit prêt, lui-même, à renoncer à une partie des siennes et à payer plus d'impôts.

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l'oréal - Crédit : DURAND FLORENCE ©Sipa

Les dirigeants et employés de L’Oréal n’auront bientôt plus la possibilité d’acheter des stock-options ! Jean-Paul Agon, le PDG du numéro un mondial des cosmétiques, a déclaré, dans une interview accordée au Journal du Dimanche, qu’il souhaitait mettre fin aux actions « à bas coût » au sein de son entreprise. « En avril, je proposerai au conseil d’administration l’arrêt total du système de stock-options chez L’Oréal, pour tout le monde et dès cette année », a -t-il annoncé. Il envisage de les remplacer par des actions dites « de performance ». « Au bout de quatre années de maison, nos managers recevront des actions gratuites si l’entreprise a atteint certains critères de performance. C’est plus transparent et moins aléatoire », explique-t-il. Aujourd’hui, 2 300 employés du groupe L’Oréal bénéficient de stock-options.

Petit rappel : les stock-options ne sont pas des actions à proprement parler. Lorsqu’un salarié décide de devenir actionnaire de sa propre entreprise, par le biais de stock-options, il n’achète pas des actions au cours réel, mais des options d’achat futur… Autrement dit, l’entreprise lui permet de payer ses actions dans le futur à un cours plus favorable. Ces actions ont aussi pour avantage d’être très faiblement taxées.

Jean-Paul Agon ne gardera « que » 200 000 stock-options

Jean-Paul Agon, le patron le mieux payé de France selon le dernier rapport Proxinvest, renonce lui-même à la moitié de ses titres. Sur les 10,7 millions d’euros qu’il a touché en 2010, 6,8 millions proviendraient de quelques 400 000 stock-options. « J’en garderai 200 000 pour partager une dynamique de performance avec nos actionnaires », a-t-il d’ores et déjà prévu.

Le PDG de L’Oréal se déclare aussi favorable à une fiscalité plus lourde des patrons. »L’intérêt général n’est pas de baisser les salaires des dirigeants d’entreprise mais d’avoir une fiscalité qui génère plus de redistribution. J’assume pleinement ma signature à l’appel du Nouvel Obs pour payer plus d’impôts. » Seize dirigeants de grandes entreprises françaises avaient effectivement signé en août dernier, dans les colonnes de l’hebdomadaire, un appel pour une « contribution exceptionnelle » des Français les plus favorisés à la réduction des déficits publics qui menacent, selon eux, « l’avenir de la France et de l’Europe ».

Julie Toury