Bientôt la fin du don de sperme ?

Les Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain (Cecos) ont de moins en moins besoin de donneurs. Grâce au développement de la procréation médicalement assistée, le don de sperme pourrait, un jour, devenir inutile.

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Grâce à l'essor de la PMA, les hommes dont le sperme est peu fécondant ne sont plus contraints de recourir à un donneur. - photo : fécondation in vitro ©ThinkStock

Et si, dans un futur proche, le don de sperme disparaissait ? Selon Jacques Lansac, président de la fédération des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain (Cecos), l’essor de la procréation médicalement assistée (PMA) réduit les besoins.

Don de sperme : les demandes sont en forte baisse

Voilà 40 ans que les Cecos sont nés. Depuis, 50 000 enfants sont nés en France grâce au don de sperme. Mais selon l’Agence de la biomédecine, les donneurs sont de moins en moins nombreux : ils étaient 400 en 2009, 233 en 2011.

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« La fécondation in vitro avec ICSI (injection d’un seul spermatozoïde dans un ovocyte) a fait réduire de moitié la demande de dons de sperme », explique le Pr Lansac au Nouvel Observateur. Pour lui, cette évolution est une bonne nouvelle : les hommes dont le sperme est peu fécondant ne sont plus contraints de recourir à un donneur.

La création du diagnostic préimplantatoire a également joué un rôle dans la chute des besoins en dons de sperme. Ainsi, un médecin peut désormais implanter un embryon sain dans le ventre de la future maman pour les couples porteurs d’une maladie génétique grave.

Les chercheurs tentent de créer en laboratoire des spermatozoïdes actifs

Malgré les avancées de la science en matière de procréation, le don de sperme reste essentiel pour les hommes qui ne peuvent produire de sperme (azoospermie). Aucun traitement contre cette pathologie n’a pour l’instant été mis au point mais des recherches sont en cours. En 2012, des scientifiques japonais sont parvenus à recréer des spermatozoïdes à partir de cellules souches embryonnaires de souris. Et ont même réussi à les utiliser pour féconder des ovules et ainsi donner naissance à des souriceaux en pleine santé. Prochaine étape : tester l’expérience à échelle humaine.

Le Pr Lansac y croit.

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Damien Rigat