Bientôt un remède miracle contre la chute des cheveux ?

Des chercheurs ont peut-être trouvé un traitement qui permettrait de faire repousser les cheveux en quelques mois chez les personnes atteintes d’alopécie.

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Le ruxolitinib ferait repousser les cheveux en quatre à cinq mois. ©ShutterStock

« Nous pensons que c’est un pas très excitant vers un traitement contre l’alopécie aerata », annonce l’un des chercheurs. Une équipe scientifique du Columbia university medical center vient peut-être de trouver le remède miracle pour faire repousser définitivement les cheveux, chez les personnes atteintes par cette maladie. Il s’agit du ruxolitinib, une molécule déjà autorisée par les autorités sanitaires pour traiter les complications de la myélofibrose, un syndrome grave touchant la moelle osseuse. Les résultats de l’étude sont publiés dans la revue Nature.

L’alopécie est une maladie dermatologique qui détruit tout ou une partie des follicules pileux. Les personnes qui en sont atteintes – hommes et femmes – perdent leurs cheveux et/ou leurs poils en quantité anormalement élevée. Cette forme de pelade se manifeste par plaques plus ou moins grosses. Il n’existe, à ce jour, aucun traitement permettant de reconstruire les bulbes détruits. Une vraie désolation pour les patients, souvent adolescents ou jeunes adultes.

De nouveaux cheveux en cinq mois

D’après les spécialistes, l’alopécie est une maladie auto-immune. Autrement dit, c’est le propre système immunitaire du malade qui, pour une raison inconnue, produirait des cellules « tueuses de poils ». Les scientifiques ont réussi à identifier ces cellules, et, surtout, à comprendre par quel biais elles parvenaient à s’attaquer aux follicules pileux. Ils ont alors cherché un moyen de « bloquer la voie » qui les mènent à ces attaques.

Après des essais concluants sur des souris, ils ont testé le ruxolitinib sur trois volontaires humains qui avaient perdu un tiers de leurs cheveux. Les résultats ont été significatifs : en cinq mois, les participants ont retrouvé l’intégralité de leur chevelure. Les chercheurs précisent que d’autres études, sur des panels plus larges, seront nécessaires avant de confirmer l’efficacité du traitement. Dans la communauté scientifique, les réactions sont mitigées. Dans le New York Times, certains parlent d’une molécule « très toxique » aux effets secondaires importants. 

Julie Toury