Bisphénol A : la cause des intolérances alimentaires ?

Selon des chercheurs français, le bisphénol A serait nocif même à faible dose et la cause des intolérances alimentaires à l’âge adulte.

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Le bisphénol A, perturbateur endocrinien est présent à 80 % dans notre quotidien. ©ShutterStock

« Nous avons pour la première fois établi un lien entre l’intolérance alimentaire et le bisphénol A chez l’animal ». Telles sont les conclusions d’une étude menée par Éric Houdeau de l’Institut national de la recherche agronomique, et publiée dans la revue biologique expérimentale Faseb.

Le bisphénol A crée des réactions immunitaires

Cette étude, observée sur des rates gestantes, montre que la dose quotidienne de 5 microgrammes par kilos de Bisphénol A (BPA), quantité que l’Autorité européenne de sécurité alimentaire considère comme étant sans risque, aurait des effets néfastes sur le système immunitaire.

Pour se faire, deux groupes ont été examinés : l’un a reçu du BPA de la gestation jusqu’au sevrage, l’autre était témoin. Arrivés à l’âge adulte, tous les rats ont été nourris avec l’ovalbumine, protéine présente dans le blanc d’œuf. Le premier groupe a montré une réaction immunitaire par une inflammation du colon, quand le second a très bien toléré cet aliment.

« Le bisphénol A est présent partout, c’est un danger »

Une exposition au bisphénol A, pendant la grossesse et l’allaitement augmenterait donc le risque d’avoir une intolérance alimentaire à l’âge adulte. Pour les chercheurs, ce résultat « témoigne de la difficulté à fixer une dose quotidienne tolérable sûre ».

Le bisphénol A, perturbateur endocrinien est présent à 80 % dans notre quotidien sous la forme d’antioxydant et plastifiants dans les emballages alimentaires et cosmétiques. Depuis janvier 2011, le bisphénol A est interdit dans les biberons dans l’Union Européenne. La France a étendu l’année dernière cette interdiction à tous les contenants alimentaires destinés aux enfants de 0 à 3 ans ; et espère appliquer cette restriction à tous les contenants alimentaires à partir du 1er janvier 2015.

Pour Éric Houdeau, même si les résultats obtenus sur les rates ne peuvent pas être transposés tels quels chez l’homme, ils permettent « d’identifier un danger ». Le chercheur relève également que les études ne s’arrêtent pas là, et qu’ils ont l’intention de se pencher sur les risques éventuels du bisphénol S, substance utilisée dans les biberons « nouvelle génération ».

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Laurie Ferrère