Bisphénol A : l’exposition précoce abîmerait l’email des dents

Selon des chercheurs français, le bisphénol A altèrerait l’email des dents en cas d’exposition précoce, même à faible dose. L’étude confirme la nocivité du composé chimique.

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le BPA « pourrait être un agent causal d'une maladie : le MIH, qui se caractérise par un manque de minéral au niveau des molaires et des incisives. ©ThinkStock

Les études sur la dangerosité du bisphénol A (BPA) se poursuivent et se ressemblent. Une équipe de chercheurs, dirigée par Ariane Berdal (Université Paris-Diderot) et Ariane Babajko (Inserm), ont constaté que le composé chimique pouvait détériorer l’émail des dents des enfants. Une pathologie qui favoriserait les caries.

Le bisphénol A pourrait être à l’origine d’une maladie des dents

Publiée dans l’American Journal of Pathology, l’étude démontre la nocivité du BPA sur les dents en cas d’exposition précoce, même à petite dose. Les chercheurs ont découvert de nombreuses ressemblances avec une maladie : le MIH (Molar Incisor HypomineralizationMIH), une hypominéralisation des molaires et des incisives qui touche environ 18 % des enfants de 6 à 8 ans.

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont exposé oralement chaque jour des rats au BPA. Au bout d’un mois, les dents des rongeurs présentaient des taches blanches, une caractéristique du MIH. Comme pour le MIH, « une diminution significative du rapport Ca/P et Ca/C dans les dents atteintes » a été observée. Cette baisse de la quantité de minéral rend les dents plus fragiles et plus à même de développer des caries.

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Selon Sylvie Babajko, le BPA « pourrait être un agent causal du MIH », dans la mesure où « il aurait le même mécanisme d’action chez le rat et chez l’homme ». La dent pourrait ainsi être utilisée « comme marqueur précoce d’exposition aux perturbateurs endocriniens agissant comme le BPA et aiderait ainsi à dépister des pathologies lourdes apparaissant plusieurs années après. »

Depuis le 1er janvier 2013, le bisphénol A est interdit en France dans la conception des récipients alimentaires pour bébé. À partir de juillet 2015, la fabrication et la commercialisation de contenants à base de BPA seront totalement interdites.

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Damien Rigat