Boire rend séduisant ? Des chercheurs grenoblois décrochent un anti-Nobel !

La cérémonie parodique de l’Ig Nobel a décerné un anti-Nobel à des chercheurs grenoblois en psychologie pour avoir réussi à « faire rire et réfléchir » le jury. Le sujet de leur étude : boire nous rend-il plus séduisant ?

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D'après le Laboratoire de Grenoble, l'alcool serait un placebo comme un autre et permettrait de se sentir plus séduisant ! ©ThinkStock

Grâce à leur étude « la beauté à travers les yeux d’un buveur de bière », les chercheurs du Laboratoire de psychologie de Grenoble se sont vus attribuer un anti-Nobel, jeudi 12 septembre, à l’Université américaine d’Harvard. Un prix décalé remis à l’occasion de l’Ig Nobel, une parodie des célèbres cérémonies de récompenses scientifiques.

L’équipe de Laurent Bègue, directeur du laboratoire de psychologie de Grenoble, a mené son étude en deux temps.

L’alcool aide à se sentir beau

Les chercheurs ont commencé par demander à 19 consommateurs d’alcool, rencontrés au hasard d’un bar, de se noter sur une échelle de 1 à 7, en prenant en compte leur originalité, leur intelligence, leur humour ainsi que leur capacité à séduire. Bilan : les plus alcoolisés sont ceux qui s’estiment être les plus séduisants.

L’alcool : un placebo comme un autre !

94 hommes ont été mobilisés pour la seconde étape de l’étude. Les scientifiques leur ont fait croire qu’ils testaient une nouvelle boisson pour l’entreprise factice Stataliment. En réalité, ils les ont trompés. Certains témoins pensaient boire de l’alcool alors qu’il s’agissait de jus de fruit, et inversement. Une fois l’expérience terminée, les sujets ont été interrogé selon le même processus que la première étape. Conclusion : les cobayes qui pensaient avoir bu de l’alcool se trouvaient les plus séduisants, alors que ceux qui avaient réellement consommé une boisson alcoolisée ne se trouvaient pas tellement plus beaux.

Ces travaux démontrent que l’alcool a non seulement un effet pharmacologique mais aussi un effet placebo, souligne Laurent Bègue.

Si l’étude française vous fait sourire, sachez que cette cérémonie se tient chaque année depuis 1991 dans les universités américaines les plus reconnues du pays. Ces anti-Nobel ont été remis aux chercheurs par de vrais Prix Nobels comme Dudley Herschbach (Prix Nobel de chimie en 1986), ou Eric Maskin (Prix Nobel d’économie en 2007), pour le plus grand plaisir des sociologues grenoblois.

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Solène Medjeri