Boisson énergisante et alcool : un cocktail addictif

Une étude australienne met en avant les effets néfastes des boissons énergisantes, comme le Red bull, associées à de l'alcool fort. Les chercheurs ont constaté que ce mélange incitait les consommateurs à boire encore plus.

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Les participants ont bu soit 60 millilitres (ml) de Vodka/Red Bull, soit 60 ml de Vodka/eau gazeuse. - crédit photo : Minerva Studio ©ShutterStock

L’entrée des boissons énergisantes sur le marché inquiète les autorités sanitaires. Red Bull, Monster et autres breuvages stimulants augmenteraient notamment le risque d’accident cardiaque. Une nouvelle étude vient confirmer les craintes. Selon des chercheurs australiens, l’association de ces boissons à de l’alcool encouragerait les jeunes adultes attirés par ces cocktails à boire plus que la moyenne. Les résultats de ces travaux seront publiés au cours du mois d’août dans l’édition en ligne de la revue Alcoholism: Clinical and Experimental Research.

Ceux qui mélangent alcool et boisson énergisante boivent plus que les autres

Soixante-quinze personnes âgées de 18 à 30 ans ont été mobilisées pour participer à une expérience particulière : boire des cocktails dans un laboratoire. Ils ont tous passé un test écrit avant de consommer différents cocktails, puis vingt minutes après les festivités. Les scientifiques leur ont également fait remplir plusieurs questionnaires et ont contrôlé leur alcoolémie par l’intermédiaire d’un éthylotest.

Les participants ont bu soit 60 millilitres (ml) de Vodka/Red Bull, soit 60 ml de Vodka/eau gazeuse. À chaque mélange étaient ajoutés 200 ml d’une boisson fruitée. Les témoins ne connaissaient pas le contenu de leur verre. Pourtant, ceux qui avaient l’habitude de consommer des boissons énergisantes ont tout de suite reconnu le goût et les effets du Red Bull.

« La décision de continuer à boire ou non dépend de nombreux éléments »

L’équipe de chercheurs a constaté que lorsque les personnes consomment de l’alcool avec des boissons énergisantes, « elles ont encore plus envie de continuer à boire que lorsqu’elles ne boivent que de l’alcool », explique le professeur Rebecca McKetin, de l’Australian National University.

La scientifique nuance tout de même ces résultats : « On ne peut pas dire que cela se traduit [forcément] par une alcoolisation supplémentaire. Il est évident que d’autres facteurs entrent en jeu. Les gens peuvent surmonter leurs envies, et la décision de continuer à boire ou non dépend de nombreux éléments ».

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Damien Rigat