Boissons énergisantes : plusieurs décès suspects inquiètent les États-Unis

5 décès et une crise cardiaque « peut-être » liés à la consommation de la boisson Monster Beverage inquiètent les autorités sanitaires américaines. Côté français, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, se déclare « favorable au principe d’une taxe » sur les boissons énergisantes.

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5 décès et une crise cardiaque « peut-être » liés à la consommation de la boisson Monster Beverage inquiètent les autorités sanitaires américaines. ©ThinkStock

Depuis 2009, l’agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA) a été informée de « cinq décès et d’une crise cardiaque qui sont peut-être liés à la boisson énergisante de Monster Beverage », a déclaré mardi dernier Shelly Burgess, une porte-parole de la FDA. Une annonce qui relance le débat sur la dangerosité de ces boissons bourrées de caféines.

Shelly Burgess reste, cependant, prudente et précise que pour le moment, « rien ne prouve qu’il existe une relation de cause à effet avec [le] produit [cité] ».

Monster Beverage plaide non coupable

Dernier cas recensé par la FDA : le décès d’Anaïs Fournier. Le 18 octobre dernier, dans l’État du Maryland, la famille Fournier a déposé plainte contre Monster Beverage. Leur fille de 14 ans est décédée en décembre 2011 d’une arythmie cardiaque, après avoir bu, en moins de 24 heures, deux cannettes de Monster Energy (boisson produite par Monster Beverage). Chaque cannette contenait 480 mg de caféine. Plus clairement, c’est comme si l’adolescente avait consommé 14 cannettes de Coca-Cola.

D’après la loi américaine, les boissons ne doivent pas contenir plus de 71,5 milligrammes (mg) de caféine pour 35 centilitres. Mais cette règle ne concerne pas les boissons énergisantes, classées dans la catégorie des compléments alimentaires.

Monster Beverage conteste les accusations portées par la famille. « Monster ne croit pas qu’un de ses produits soit de quelque manière que ce soit responsable de la mort de Mlle Fournier », a précisé l’entreprise, dans un communiqué.

Mio Energy, la boisson qui inquiète les autorités sanitaires

Consommées principalement en soirée, les boissons énergisantes remportent un franc succès auprès des jeunes. En termes de revenus, l’autrichien Red Bull reste le leader sur le marché américain. Monster, quant à lui, détient près de 39 % du marché (en volume de vente).

Un nouveau venu pourrait bien changer la donne. Il s’agit de la boisson Mio Energy (groupe Kraft Foods). Les spécialistes de la santé s’inquiètent de l’émergence de cette boisson, dont une cuillère à thé fournirait 60 mg de caféine. Une bouteille de Mio Energy contiendrait donc 1 060 mg de caféine. Selon les experts, la dose maximale qu’un adulte peut consommer, sans altérer sa santé, est de 400 mg par jour.

Différents États envisagent de taxer les boissons énergisantes

D’après le New York Times, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) limitera le taux de caféine présent dans les bouteilles de boissons énergisantes en imposant aux différentes marques un seuil à ne pas dépasser.

De leur côté, le Mexique et l’Inde s’interrogent sur la mise en place d’une taxe à destination de ces boissons. Un dispositif qui permettrait d’en réduire la consommation.

En France, les députés socialistes ont, eux aussi, soulevé l’idée d’une taxe. Une proposition à laquelle s’est dite « favorable » Marisol Touraine, ministre de la Santé. « Ces boissons contiennent de puissants excitants, dont l’impact sur la santé fait actuellement l’objet d’une évaluation par l’agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) à ma demande », a-t-elle déclaré dans Les Échos, le 22 octobre.

Avant 2008, la boisson Red Bull était interdite en France. Malgré certaines réticences des autorités sanitaires, elles avait finalement fait son entrée sur le marché français. Christine Lagarde, alors ministre de l’Économie, avait accepté sa commercialisation à condition que soient affichées sur les étiquettes des cannettes les mentions « boisson à la taurine », « à consommer avec modération » et « déconseillé aux femmes enceintes ».

En juin 2012, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a signalé deux nouveaux décès directement reliés à la consommation de boissons énergisantes.

Cécile David