Boom de l’automédication pendant la grève des médecins

Selon le dernier baromètre de l'Afipa, l'automédication a largement progressé au mois de décembre en France. Un pic attribué à la grève des médecins la semaine de Noël.

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Plus de 8,2 millions d'euros des ventes de médicaments sans ordonnance sont imputables à la grève des généralistes à Noël. ©ShutterStock

Fin décembre, de nombreux médecins généralistes fermaient leur cabinet pour protester contre le projet de loi de la ministre de la Santé Marisol Touraine, prévoyant notamment la généralisation du tiers payant. Une grève qui, semble-t-il, a largement profité… aux pharmaciens !

En effet, selon le 13e baromètre des produits du selfcare de l’Afipa* publié mardi 20 janvier, les Français n’ont pas hésité à pratiquer l’automédication. La vente de médicaments sans ordonnance s’est élevée à 224 millions d’euros au mois de décembre 2014, soit le plus gros chiffre d’affaires mensuel enregistré depuis dix ans. Comparé à celui de décembre 2013, il explose de 12,6 %. « Plus de 8,2 millions d’euros des ventes sont imputables à la grève des généralistes à Noël », souligne l’association.

Notons toutefois que, sur l’ensemble des douze derniers mois, le marché des médicaments non prescrits a perdu 0,4 % et qu’il avait déjà baissé de 3 % l’année précédente.

Vers une automédication responsable

Pour Pascal Brossard, président de l’Afipa, l’augmentation de la vente des médicaments sans ordonnance liée à la grève de médecins prouve qu’une consultation médicale n’est pas toujours utile pour soigner les maladies bénignes (rhume, mal de gorge…). L’association, qui plaide pour une « automédication responsable » comme « première étape du parcours de soin », aimerait voir les cabinets médicaux et les services d’urgence se désengorger, mais aussi faire faire des économies à la Sécurité sociale. « Cela permet de rendre à chaque professionnel son vrai rôle: le pharmacien pour les pathologies bénignes, le médecin généraliste pour les pathologies plus graves et les urgences pour les urgences », affirme M. Brossard.

Si les Français semblent prêts à se soigner seuls, ils n’ont pas encore adopté les nouveaux modes de consommation. Les 209 officines qui pratiquent la vente de médicaments en ligne en France n’ont représenté que 0,1 % du chiffre d’affaires rapporté par l’Afipa.

Lire aussi : Médicaments : disparition de certains génériques 

* Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable 

Thomas Levy