Burn-out : les médecins épuisés face aux exigences des patients

Selon un sondage BVA réalisé en Champagne-Ardenne, un médecin sur trois serait en burn-out (syndrome d’épuisement professionnel). La charge de travail et le comportement des malades sont les premières raisons citées.

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« Anxieux, hypocondraque ou insatisfait chronique », voilà comment décrivent leurs patients les médecins sondés par BVA. ©ThinkStock

Stress, fatigue… Quand la pression est trop forte, l’être humain craque. Certains vont même jusqu’au burn-out, appelé aussi « syndrome d’épuisement professionnel ». Un médecin sur trois serait touché par ce mal moderne selon un sondage BVA réalisé en Champagne-Ardenne pour l’association Paroles de professionnels auprès de 120 docteurs et 29 patients. Parmi les causes mises en avant : l’exigence croissante des patients.

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Les patients remettent plus facilement en cause l’avis de leur médecin

Pourquoi les médecins sont-ils épuisés ? Les premières raisons invoquées sont la charge de travail et les journées rallongées (motifs cités par 41 % des sondés). Arrive ensuite l’attitude des malades (46 %).

98 % des généralistes interrogés perçoivent l’écoute comme « un élément déterminant de leur relation avec les patients » mais regrettent d’avoir affaire à des malades de plus en plus exigeants. Ces derniers expriment une insatisfaction à propos du temps d’attente avant un rendez-vous et de la brièveté des consultations, et remettent régulièrement en question l’avis du médecin en ce qui concerne la prescription de médicaments et d’examens. La faute au développement d’internet. Les malades consultent très souvent différents sites « santé » avant de prendre rendez-vous. Si les informations lues sur le web divergent avec les propos de leur généraliste, ils sont perdus. Et le font savoir.

Vers des cours sur l’écoute dans la relation médecin-patient ?

« On demande au médecin de répondre à tout, tout de suite », explique à Europe 1 le Dr Antoine Demonceaux, généraliste à Reims et coordinateur de l’étude. La consultation peut parfois virer à la prise en charge sociale. Certains patients demandent une aide pour « l’éducation des enfants » ou la prise en charge d’une « aide-ménagère pour une personne âgée ».

« Anxieux, hypocondraque ou insatisfait chronique », voilà comment décrivent leurs patients les généralistes sondés par BVA. Les malades ne se rendent pas forcément compte de leur exigence mais celle-ci est « très fortement ressentie par le médecin », souligne le Dr Demondeaux.

Pour limiter le risque de burn-out, l’association Paroles de professionnels propose d’intégrer à la formation des médecins des cours concernant l’écoute dans la relation docteur-patient.

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Damien Rigat