Ca vous démange ? La faute à une molécule !

Des scientifiques sont parvenus à isoler les causes des démangeaisons. Leur étude, parue ce vendredi dans la revue Science, permet de montrer que le coupable est une molécule appelée BNP dont la sécrétion envoie au cerveau l’information de se gratter.

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Ca vous chatouille ou ça vous gratouille ? Les démangeaisons sont l’air de rien un des maux jusque-là les plus inexpliqués. Si on peut facilement imaginer qu’ils sont en réaction face une gêne (parasite, insectes, ou plaque de psoriasis), scientifiquement parlant, la question reste : mais pourquoi se gratte-t-on ? Pourquoi notre cerveau envoie-t-il la directive à nos mains d’aller chatouiller notre peau ? Et sommes-nous tous égaux face aux démangeaisons ?

Des chercheurs en génétique moléculaire du National Institutes of Health se sont penchés sur cette épineuse question, qui pourrit tout de même la vie de dizaines de millions de personnes atteintes de psoriasis ou d’eczéma. Leur recherche ont permis de démontrer que certaines de nos cellules nerveuses produisaient une molécule, appelée peptide cérébrale natériurétique (BNP), qui agit comme un neurotransmetteur et envoie des informations au cerveau.
On savait déjà que cette molécule est notamment chargée des informations sensorielles provenant de l’environnement extérieur (douleur, piqûre, chaleur, etc.). Les tests exécutés sur les souris ont permis aux chercheurs d’aller plus loin dans les fonctions de cette molécule.

Les tests sur les souris sont formels : c’est la BNP qui nous dit de nous gratter

Pour savoir si cette molécule avait aussi un effet sur la sensation de démangeaison, les chercheurs ont mené des tests sur des souris qu’ils ont génétiquement modifiées pour les rendre incapables de sécréter de la BNP. Ils leur ont ensuite administré une substance qui aurait dû leur provoquer des démangeaisons : mais en l’absence de BNP, les souris n’ont pas bronché, pas une gratouille rien. « C’était étrange comme spectacle » a même déclaré un des scientifiques, Santosh Mishra, abasourdi qu’avec la dose qu’avait reçue les souris, elles n’aient même pas ressenti une petite envie de se gratter.

Un médicament anti-démangeaison est-il possible ?

Les systèmes nerveux des hommes et des souris étant très proches, cette découverte apporte donc de vraies réponses aux questions liées aux démangeaisons, et surtout à leur traitement.
Mais dans la réalité, réduire les effets de cette molécule ne sont pas si simples. En effet, comme on l’a vu plus haut la molécule BNP sert aussi de neurotransmetteur pour d’autres informations type la chaleur, information qui permet ensuite à la tour de contrôle que constitue le cerveau de réguler la pression artérielle par exemple (tout ceci en faisant de très grands raccourcis bien sûr). Aussi, permettre à un individu qu’il produise moins de BNP par l’intermédiaire d’un médicament peut-il avoir d’autres effets secondaires désastreux.

Tout sera certainement une question de dosage, d’autant que certains individus sont plus sujets à sécréter davantage de BNP que d’autres. Mais de connaître la cause du pourquoi on se gratte reste toutefois une avancée majeure.

Eléonore Verdy