Cancer colorectal : l’aspirine ne protège pas tout le monde

Des chercheurs américains ont réussi à établir le profil génétique des personnes atteintes de cancer ne bénéficiant pas des effets protecteurs de l'aspirine.

0
3484
les personnes ayant un profil génétique qui ne leur permet pas de produire des niveaux élevés de l'enzyme 15-PGDH ne bénéficient quasiment pas des vertus préventives de l'aspirine contre le cancer colorectal

Plusieurs recherches, conduites depuis une vingtaine d’années, ont prouvé que l’aspirine était liée à une baisse du risque du cancer colorectal. Cependant, l’effet bénéfique de ce médicament ne protégerait pas tout le monde à la même échelle. Pour la première fois, une étude publiée dans la revue américaine Science Translational Medicine, a permis d’identifier le profil génétique des personnes les plus réceptives à la prise d’aspirine. Celles qui produisent un niveau élevé d’une certaine enzyme voient leur risque de développer un cancer du côlon par deux.

42 000 malades du cancer colorectal en France

Pour réaliser leurs recherches, les scientifiques de l’Université de Case Western Reserve à Cleveland (Ohio) ont examiné les tissus 270 malades. Ils ont constaté que les personnes ayant un profil génétique qui ne leur permet pas de produire des niveaux élevés de l’enzyme 15-PGDH ne bénéficient quasiment pas des vertus préventives de l’aspirine contre le cancer colorectal. « Si vous regardez les sujets qui avaient des taux élevés de 15-PGDH et prenaient de l’aspirine, ils ont réduit leur risque de cancer du côlon de moitié », précise le Dr Sanford Markowitz, professeur de génétique du cancer et principal auteur de cette recherche. Mais ceux avec de faibles niveaux de 15-PGDH « n’ont tiré aucun avantage de l’aspirine », ajoute-t-il dans un communiqué.

Ces recherches sont loin d’être anodines. En effet, la prise d’aspirine peut s’associer à un risque élevé d’ulcère de l’estomac et d’hémorragie gastro-intestinale grave. Connaître le profil des personnes sur lesquelles ce médicament a des effets nuls permettrait d’éviter des prises de risques inutiles.

Le cancer colorectal, qui touche chaque année 42.000 personnes en France, est le deuxième cancer le plus meurtrier (17.500 décès). Pourtant, détecté tôt, il se guérit dans 9 cas sur 10. Il fait l’objet d’un programme national de dépistage par lequel les hommes et femmes de 50 à 74 ans sont invités tous les deux ans à procéder à un test.

Sur le même thème :

L’aspirine contre le cancer de la peau

L’aspirine contre le cancer de la prostate

Mathilde Bourge