Cancer de la peau : les cabines à UV pointées du doigt !

Profitant d’un effet de mode, les cabines de bronzage artificiel ont vu leur fréquentation augmenter, notamment en France. Cependant, des chercheurs américains, chez qui la pratique est monnaie courante, rappellent que le risque de développer un cancer de la peau existe bien.

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Cancer de la peau : les cabines à UV pointées du doigt ! ©ThinkStock

La revue Mayo Clinic proceedings a publié, lundi 2 avril, les résultats d’une étude alarmante : les jeunes femmes âgées de 20 à 30 ans se rendant régulièrement dans des cabines à UV seraient plus sujettes à développer un mélanome malin que les autres.

Les chercheurs de la Mayo Clinic, dans le comté du Minnesota (Etats-Unis), ont observé l’incidence du cancer de la peau chez les jeunes adultes, âgés de 18 à 39 ans, entre les années 1970 et 2009. Verdict ? A la fin de cette période, le nombre de mélanomes diagnostiqués pour la première fois était multiplié par huit chez les femmes et par quatre chez les hommes.

Les cabines de bronzage mises en cause

Cette explosion des cancers de la peau chez les jeunes adultes s’expliquerait par le développement, surtout aux Etats-Unis, des cabines d’UV et de l’accroissement de leur usage. Sauf que les rayons artificiels produits par ces cabines sont beaucoup plus puissants que le rayonnement naturel du soleil. En 2009, le Centre international de la recherche sur le cancer classait les rayonnements émis par les installations de bronzage artificiel dans le groupe 1, c’est-à-dire le groupe « cancérogènes certains pour l’homme ». L’Institut national du cancer souligne effectivement que « des données récentes ont mis en évidence que les personnes qui s’exposent aux UV artificiels ont un risque de cancers de la peau, et en particulier de mélanome, plus important que les autres. »

L’inquiétude des médecins

« Les instituts promettent à leurs clientes qu’elles vont pouvoir faire le plein de vitamines D en venant faire des séances, mais c’est un mensonge», dénonce le Dr Claudine Banchet-Bardon, qui déconseille fortement le recours aux cabines de bronzage.

Selon la Société française de dermatologie, le mélanome frappe 5 000 à 6 000 nouveaux cas par an en France. Les dermatologues recommandent de ne pas dépasser le nombre maximum de dix séances d’UV par an. Ils rappellent qu’il est également important de connaître son phototype (sa sensibilité au soleil) afin de se protéger avec les bonnes crèmes. Enfin les personnes ayant beaucoup de grains de beauté, notamment si ceux-ci sont irréguliers ou grands, doivent éviter les cabines d’UV.

Maëla Priolet