Cancer de la prostate : 1 homme sur 3 traité pour rien

Un tiers des hommes touchés par le cancer de la prostate seraient surtraités. Dans certains cas, une simple surveillance suffirait.

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Un tiers des hommes atteints d'un cancer de la prostate seraient surtraités ©ThinkStock

En France, un tiers des hommes atteints d’un cancer de la prostate seraient traités inutilement. D’après le Pr François Desgrandchamps, chef du service d’urologie à l’hôpital Saint-Louis de Paris, les médecins auraient tendance à abuser du bistouri. « Entre 30 à 50 % des cancers de la prostate qui sont diagnostiqués ont des critères de gravité qui justifieraient une simple surveillance », surtout que les traitements ne sont pas sans conséquence.

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D’après les analyses, environ 30 % des hommes souffrent d’impuissance suite à une opération chirurgicale. Un chiffre qui monte jusqu’à 80 % chez les patients traités par rayons.

Un dépistage automatique du cancer de la prostate ?

Le dépistage automatique du cancer de la prostate par dosage de l’antigène spécifique prostatique (PSA) ou toucher rectal n’est pas recommandé par la Haute Autorité de Santé. Néanmoins, les urologues pensent qu’il serait préférable qu’il le soit, afin de mieux prévenir les risques et de prendre à temps certains cas.

Selon les chercheurs du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New York (Etats-Unis), seuls trois dépistages de PSA sur toute une vie permettraient de prévenir les cas de cancer de la prostate. Le premier test devrait se dérouler entre 45 et 50 ans, puis à la cinquantaine et aux alentours de 60 ans, si les premiers dépistages n’ont pas décelé de cellules cancéreuses. Des préconisations essentielles lorsqu’on sait que le cancer de la prostate est le plus fréquent chez les hommes de plus de 50 ans, et qu’il a causé plus de 8 700 décès en 2011.

Maxime Quéma