Cancer de la prostate : découverte d’un traitement prometteur

A en croire des médecins américains, l'acétate d’abiratérone pourrait ralentir la progression du cancer de la prostate et atténuer la douleur des patients. Les premiers essais cliniques sont plus qu'encourageants.

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Cancer de la prostate : découverte d'un traitement prometteur ©Sipa

Des scientifiques américains ont peut-être découvert une arme efficace pour ralentir la progression du cancer métastasé de la prostate et améliorer la qualité de vie des malades. Leur étude a été dévoilée samedi, à Chicago, à l’occasion de la 48ème conférence annuelle de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), qui réunit plus de 30 000 cancérologues, chercheurs et représentants de firmes pharmaceutiques. Plusieurs essais cliniques ont mené ces chercheurs de l’Université de Californie, à San Francisco, à penser que l’acétate d’abiratérone, commercialisé sous le nom de Zytiga par le laboratoire américain Johnson & Johnson, pourrait être LE médicament incontournable du traitement du cancer de la prostate.

Utile dès les premiers signes du cancer

Zytiga agit de la manière suivante : il bloque la production des hormones qui alimentent la tumeur. Selon le Dr Charles Ryan, ayant participé à l’étude, « il apparaît d’ores et déjà que ce médicament – administré par voie orale – pourrait être utilisé à des stades plus précoces du cancer de la prostate et être ainsi prescrit à un plus grand nombre de patients ». Une « petite » étude clinique, rendue publique le 16 mai denrier par l’ASCO, a en effet prouvé que le Zytiga permettait d’éliminer totalement ou partiellement la tumeur au premier stade de développement chez des patients « à haut risque » de cancer étendu.

Plus de temps et moins de douleurs pour les patients

Mais l’effet bénéfique le plus concret du Zytiga est qu’il « prolonge des vies et donne aux malades plus de temps durant lequel ils ne ressentent pas de douleur résultant de la progression du cancer », explique le chercheur. Un essai clinique mené sur 1 088 hommes atteints d’un cancer de la prostate diagnostiqué cinq ans auparavant, en moyenne, a démontré que sous Zytiga, les malades ont un répit de 16 mois en moyenne avant que la maladie n’empire de nouveau, contre 8 mois environ chez les autres.

Si le Zytiga apparaît comme l’un des traitements les plus prometteurs découverts ces dernières années, il faudra tout de même attendre 2014 pour obtenir les conclusions finales de ces essais cliniques. Selon l’ASCO, seulement un tiers des hommes guérissent aujourd’hui du cancer de la prostate.

Julie Toury