Cancer : demander à internet, en parler à son médecin

Le cancer serait-il encore tabou, difficile à exprimer avec son médecin ? La réponse est oui, et Internet semble une bonne alternative. Selon l’Institut Curie, 6 Français sur 10 cherchent des réponses sur la toile.

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Pour les médecins, Internet est utile si l'on sait « dissocier l'expertise de l'expérience ». ©ShutterStock

Comprendre la maladie, rassembler des témoignages, rechercher des « éléments de réponses », envisager des alternatives. Les motivations premières sont nombreuses et propres à chaque patient. Selon un sondage de l’Institut Curie, six Français sur dix ont recours à Internet pour comprendre leur cancer.

La relation patient / médecin a changé

Malgré les campagnes préventives et tous les autres moyens mis en place contre cette pathologie lourde, 58 % de la population préfèrent poser des questions à Internet plutôt qu’à leur médecin. Le cancer est encore tabou. Dans le détail, cette tendance s’accroit chez les moins de 34 ans, qui sont 72 % à préférer le mode 2.0 que le traditionnel. Et question générationnelle oblige, les seniors eux sont méfiants vis-à-vis de ce que l’on trouve sur internet et le professionnel de santé reste pour eux la source première d’informations et de conseils.

Mais alors, comment les médecins réagissent-ils à ce changement d’habitude des patients ? Internet peut-il être bénéfique ? Pour le docteur Alain Livartowski, oncologue à l’Institut Curie, il n’y a rien de mal à chercher des réponses sur internet : « Il y a une vingtaine d’années, les patients avaient une confiance un peu aveugle en leur médecin, ils étaient assez passifs. Aujourd’hui, ils sont plus informés, posent davantage de questions : tant mieux » explique-t-il.

Internet est bénéfique sous certains angles

Et si 63 % des médecins pensent qu’Internet permet au patient de mieux préparer sa consultation en étant mieux informé, le pourcentage restant ne cache pas que ce nouvel usage de l’internet médical peut altérer voire nuire la relation malade / médecin. « Parfois, le patient n’ose pas dire qu’il veut tel ou tel traitement parce qu’il a peur d’agresser le médecin. Inversement, pour ce dernier qui peut se dire que le patient n’a pas confiance. La relation peut alors vite se compliquer » déplore Nasreen Callet, gynécologue oncologue à l’Institut Curie.

Pour les médecins, Internet est utile si l’on sait « dissocier l’expertise de l’expérience ». Les patients ne doivent pas confondre information médicale et récits trouvés sur des forums, et toujours vérifier la crédibilité des informations.

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Laurie Ferrère