Cancer : des Vétérans portent plainte contre l’armée

Anciens militaires, envoyés sur le plateau d’Albion il y a de ça des années, une dizaine de vétérans aujourd’hui atteints de formes rares de cancer tentent une action en justice contre l’Armée. Pour l’heure, aucun lien n’a été établi.

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Une affaire qui en rappelle une autre. Celles des anciens militaires de l'île Longue, dans le Finistère. ©ShutterStock

Ils sont plusieurs dizaines de militaires à souffrir de formes rares de cancer. Ils sont le même nombre à avoir été en poste au plateau d’Albion, près du mont Ventoux, entre le Vaucluse et la Drôme, de 1971 à 1996. Et c’est à cet endroit précis que l’Armée possédait dix-huit zones de lancement ultrasecrètes qui accueillaient des missiles nucléaires pointés vers le bloc de l’Est. Si le lien n’a pas été établi, on comprend vers quoi il tend.

Des cas similaires dans le Finistère

Selon Le Parisien, qui révèle l’affaire dans son édition du lundi 21 avril, « les témoignages sont là ». Un homme qui travaillait au refroidissement des têtes de missiles serait mort d’un sarcome en 2003. En 2011, un gendarme âgé de 70 ans, qui descendait dans les silos, aurait été emporté par une leucémie fulgurante. Tout comme le boulanger du village de Saint-Christol, dont l’établissement jouxtait la base.

Une affaire qui en rappelle une autre. Celles des anciens militaires de l’île Longue, dans le Finistère. Comme ceux d’Albion, ils travaillaient aux côtés de têtes nucléaires et se sont constitués en associations pour faire reconnaître leur maladies radio-induites.

L’armée nie toute contamination

Alors que seuls deux cas des anciens militaires du plateau d’Albion font l’objet d’une procédure en justice, l’Armée elle se défend de toute responsabilité et nie toute contamination. Il n’y avait, selon elle, « aucune dose significative de radioactivité pouvant avoir un impact sur la santé ». Et le ministère de la Défense de renchérir : si traces de radioactivité il y a, c’est qu’elles sont « d’origine naturelle ou dues au retombées des essais nucléaires de 1950 et de la catastrophe de Tchernobyl ».

Pour le moment, aucune étude ne permet encore de poser un chiffre précis sur le nombre d’anciens militaires d’Albion touchés par un cancer en rapport avec leur activité passé sur le site.

Laurie Ferrère