Cancer du cerveau : la justice italienne reconnaît un lien avec l’utilisation du portable

Pour la première fois en Europe, la Cour de cassation italienne a reconnu comme responsable le téléphone portable dans le développement d'un cas de cancer du cerveau.

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le plaignant utilisait l’appareil en moyenne 30 heures par semaine© cristovao31 - Fotolia.com ©Fotolia

La Cour de cassation italienne relance le débat sur les effets nocifs du téléphone portable sur la santé. Elle a reconnu que la tumeur au cerveau développée par un cadre supérieur avait un lien direct avec l’utilisation de son téléphone portable. Depuis 12 ans, le plaignant utilisait l’appareil en moyenne 30 heures par semaine.

Ainsi, les données scientifiques présentées lors du procès ont été estimées recevables par les juges. À l’inverse, les études commandées par les entreprises ont été jugées non-valides.

L’assurance sociale du salarié lui versera une pension d’invalidité.

Le débat sur la dangerosité du téléphone portable relancé ?

En juin 2011, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclaré que l’usage des téléphones portables serait « peut-être cancérogène pour l’homme ».

Le verdict rendu par la justice italienne vient relancer le débat sur les risques liés à l’utilisation du portable. Pour Michèle Rivasi, députée européenne EELV et vice-présidente du Centre de de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques, les États doivent rapidement se pencher sur ce problème de santé publique. « Les consommateurs doivent absolument être informés des risques qu’ils encourent lorsqu’ils utilisent un téléphone portable », précise-t-elle. Avant d’ajouter : « En Israël, le parlement a récemment voté une loi pour que l’emballage des téléphones portables soit doté d’une mise en garde concernant leur utilisation ».

Pour prévenir les éventuels risques, elle propose « [d’] obliger les opérateurs à fournir une oreillette pour chaque téléphone portable vendu [et de] réduire l’exposition générale aux ondes électromagnétiques ». À ce propos, la députée européenne rappelle qu’ « un nombre croissant de nos concitoyens vit un calvaire quotidien du fait de leur électrohypersensibilité ».

Cécile David