Cancer du rein : des médecins ont retiré une tumeur… par le nombril

Des médecins d’un hôpital lyonnais sont parvenus à réaliser une ablation partielle d’un rein en effectuant une petite incision au niveau du nombril. Une première.

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Pour mener à bien l’opération, l'équipe chirurgicale a utilisé un robot chirurgical, équipé de trois instruments et d’une caméra. - Image d'illustration ©ThinkStock

C’est une première mondiale. Le 29 mars, une équipe de chirurgien de l’hôpital Édouard Herriot (Lyon), dirigée par le Pr Xavier Martin, a réussi à retirer la moitié d’un rein en effectuant une incision unique de trois centimètres au niveau de l’ombilic (nombril).

Ablation du rein : l’opération a été réalisée à l‘aide robot

Cette ablation du rein, appelée néphrectomie, a été réalisée sur un patient atteint d’un cancer du rein. Pour mener à bien l’opération, les médecins ont utilisé un robot chirurgical, équipé de trois instruments et d’une caméra. Ils l’ont introduit dans le corps du malade par l’intermédiaire d’une gaine en plastique, après avoir incisé la peau de quelques centimètres. Ils ont ensuite manipulé à distance le rein grâce une console de contrôle, qui leur a permis d’observer l’intérieur du corps en 3D. Chaque mouvement effectué par le chirurgien était aussitôt reproduit par le robot, avec la même précision.

Toute la partie du rein touchée par la tumeur a pu être retirée. « La peau est élastique. Un rein, qui fait la taille d’un poing, passe facilement par une incision de 3 cm », précise le Dr Sébastien Crouzet, le chirurgien-urologue qui a réalisé l’intervention (Nouvel Observateur). Le patient a pu rentrer chez lui quelques jours après l’opération.

Une intervention moins douloureuse pour le patient

Rapportée ici en quelques lignes, cette intervention est bien moins anodine qu’elle n’y paraît. Dans un communiqué publié sur le site officiel des hôpitaux de Lyon, le Dr Sébastien Crouzet insiste sur les avantages que cette nouvelle approche présente pour le patient :

– les conséquences au niveau esthétique sont minimes. « La cicatrice est largement enfouie dans le nombril », explique le Dr Crouzet.

– les douleurs postopératoires sont nettement moins importantes qu’après une intervention classique et la durée de convalescence est réduite, « du fait de la petite taille de la cicatrice et de l’absence de lésion des muscles de la paroi abdominale ».

Cette approche n’est pas adaptée à tous les patients mais elle est de plus en plus fréquente. En janvier, une équipe du CHU de Rennes avait retiré un rein complet de la même façon. La technique est désormais employée quasi systématiquement pour les dons de reins entre proches.

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Damien Rigat