Cancer : et après le diagnostic ?

Aujourd’hui en France 3 millions de personnes vivent avec le cancer. Mais même si l’on constate des progrès thérapeutiques, les malades restent confrontés à de nombreuses difficultés et dommages collatéraux.

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Cette étude, « VICAN2 », a été réalisée par l'Institut National du Cancer en 2012 auprès de 4 349 personnes atteintes d'un cancer depuis deux ans. ©ShutterStock

Soit l’annonce est moins « brutale ». Jacques Chirac en avait fait la revendication principale du premier plan cancer lancé en 1998. Aujourd’hui, on n’apprend plus son cancer entre deux portes, mais en vraie consultation, en face à face dans 89 % des cas.

Mais au-delà du diagnostic le cancer reste une épreuve douloureuse, tant sur le plan physique que psychologique. Deux ans après, les difficultés et dommages collatéraux restent nombreux : douleurs, fatigue, répercussions sur la vie professionnelle ou familiale, discriminations, etc.

Encore trop de difficultés et d’inégalités

Car même après plusieurs années, « les personnes doivent toujours composer avec le risque de rechute, des effets secondaires de la maladie et ses traitements, mais aussi la reprise de leur vie quotidienne » souligne l’Institut National du Cancer, qui réalise une étude publiée ce mardi 10 juin.

Des épreuves qui commencent dès le diagnostic, on l’on constate des inégalités avec des retards importants chez les personnes âgées, celles vivant en milieu rural ou chez les travailleurs indépendants. Alors même que les chances de survie et la qualité de vie « après cancer » dépendent beaucoup de la précocité du diagnostic. Des prises en charge également inégales selon les régions, avec des délais plus courts si l’on est pris en charge dans un centre de lutte contre le cancer.

Le cancer, sans surprise, a également un impact sur la vie professionnelle : deux ans après le diagnostic, seulement six personnes sur dix avaient encore un emploi contre huit sur 10 au moment du diagnostic.

Le cancer considéré comme la lèpre du 21e siècle

À cela s’ajoutent tous les autres dommages collatéraux : la fatigue qui touche en général 60 % des femmes et 37 % des hommes, l’impact sur la fertilité, la baisse de la libido dans 53 % des cas et la baisse des revenus. Mais là où le cancer fait le plus de mal, c’est vis-à-vis de son regard dans la société.

Aujourd’hui encore, le cancer est considéré comme « la lèpre du 21e siècle ». 9 % des personnes déclarent se sentir « stigmatiser de la part de leur entourage ». Une douleur qui s’ajoute aux autres. Ce qui gêne avec le cancer, c’est que rien ne nous différencie du malade. Et l’emploi de métaphore péjorative « comparant l’assistanat ou la drogue au cancer de la société » montre que l’on a encore beaucoup de chemin à faire, et qu’une simple campagne de sensibilisation n’y changera rien.

Cette étude, « VICAN2 », a été réalisée par l’Institut National du Cancer en 2012 auprès de 4 349 personnes atteintes d’un cancer depuis deux ans.

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Laurie Ferrère