Cancer : et si le mariage était bénéfique ?

Selon une étude américaine, les personnes mariées atteintes d’un cancer vivraient plus longtemps que les autres malades. Évoluer dans un environnement affectif stable multiplierait par deux les chances de rémission.

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Le soutien de l’entourage apporterait davantage de bénéfice que la chimiothérapie. ©ThinkStock

L’amour chasserait la maladie. Selon une étude réalisée par le Dana-Farber Cancer Institute et publiée dans le Journal of Clinical Oncology, les personnes atteintes d’un cancer présenteraient un meilleur taux de survie que les patients évoluant dans un environnement affectif instable.

Cancer : le conjoint apporte un soutien déterminant

Dans le cadre de cette recherche, le Dr Paul Nguyen et son équipe ont étudié les informations médicales d’environ un million de patients souffrant d’un des dix cancers les plus mortels (poumon, colorectal, sein, pancréas, prostate, foie, lymphome non hodgkinien, tumeur, ovaire et œsophage). D’après leurs observations, un malade célibataire aurait deux fois moins de chance de suivre un traitement adapté – par rapport à un patient marié – et davantage de risque de développer un cancer métastatique (réapparition de la tumeur à un autre endroit du corps).

« Nos données suggèrent que le mariage peut avoir un impact significatif sur la santé des patients atteints du cancer », commente le Dr. Ayal Aizer, l’un des auteurs du rapport. D’après lui, « le soutien des époux » joue un rôle important. Le conjoint d’une personne touchée par la maladie permet souvent un meilleur dépistage puisqu’il l’incite à consulter rapidement. Par la suite, il s’assurera qu’elle suit bien son traitement et lui apportera un soutien moral au quotidien.

Cancer : bientôt des missions de soutien social ?

Cette stabilité affective influerait bien plus qu’on peut le croire. Les scientifiques ont constaté que le soutien de l’entourage apportait même davantage de bénéfice que la chimiothérapie. A contrario, une vie malheureuse et dépressive augmente de 19 % à 39 % la mortalité.

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Les auteurs de l’étude lancent un message à tous ceux qui comptent parmi leurs proches une personne atteinte d’un cancer. « En étant présent pour [elle], en l’accompagnant entre ses rendez-vous et pendant ses traitements, vous pouvez faire la différence. »

L’Institut national de la santé américaine et l’Institut de recherche nationale sur le cancer dépensent 5 milliards de dollars par an pour la recherche contre le cancer. Le Dr Paul Nguyen et ses collègues pensent qu’« au moins une partie de cet argent devrait être consacré aux développements de missions de soutien social, en particulier chez les célibataires et personnes isolées, pour améliorer les chances de survie. »

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Damien Rigat