Cancer : le benzène augmenterait le risque de lymphome

Selon une étude américaine, plus on se rapproche d'une usine d'où s'échappe du benzène, plus on dénombre de malades atteints d'un cancer du sang. Les industries chimiques et les raffineries seraient à fuir.

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A chaque mile de plus séparant les citoyens d'une usine, le taux d’habitants atteints d’un cancer du sang diminue de 0,31 %. ©ThinkStock

Y’a-t-il un lien entre le benzène et le risque de lymphome ? A priori, oui. D’après une étude américaine publiée dans la revue Cancer, les personnes atteintes d’un cancer du sang seraient significativement plus nombreuses dans les régions où l’on trouve des grandes entreprises, telles que des raffineries ou industries chimiques, d’où s’échappe du benzène.

« Depuis 1970, le nombre de cas nouveaux de lymphones non hodgkiniens a augmenté de 3 % à 4 % par an aux États-Unis », soulignent les chercheurs. Si cette augmentation peut s’expliquer par un meilleur dépistage, les scientifiques rappellent également que la production industrielle aux Etats-Unis a fortement augmenté ces dernières années. Pour appuyer leur hypothèse, ils ont croisé le nombre de nouveaux cas de lymphomes avec l’emplacement des usines d’où s’échappe du benzène, dans l’Etat de Géorgie, de 1999 à 2008. Verdict : plus l’on s’éloigne des entreprises à risque, moins il y a de malades – à chaque mile, le taux d’habitants atteints d’un cancer du sang diminue de 0,31 %.

Le benzène, un composé classé « cancérogène avéré »

Comme toujours, les chercheurs avouent que des études complémentaires seront nécessaires. Cependant, ils espèrent pouvoir « fournir des informations sur les risques potentiels qu’il y a à vivre près d’entreprises qui relâchent ces substances cancérigènes dans l’atmosphère, dans les sols ou dans l’eau », explique Catherine Bulka, auteur principale de l’étude.

Le benzène est un composé organique déjà classé par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) comme « cancérogène avéré » pour l’homme sur la base de leucémies observées dans des études épidémiologiques. Le problème, c’est que contrairement à la communauté européenne, les Etats-Unis n’ont aucune législation contraignante sur le benzène.

Mathilde Bourge