Cancer : une nouvelle étude accable la cigarette électronique

Des chercheurs américains viennent de prouver que les cigarettes électroniques dégageaient une substance cancérigène à un taux bien plus élevé que les cigarettes classiques.

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Selon les chercheurs de l'université d'État de Portland, la vapeur inhalée avec ce type de cigarette pourrait être 5 à 15 fois plus cancérigène que la fumée de cigarette traditionnelle. ©ShutterStock

La cigarette électronique, plus ou moins nocive que la cigarette classique ? Le débat est relancé avec la publication, jeudi 22 janvier, d’une nouvelle étude américaine accablant la « vapoteuse ». Selon les chercheurs de l’université d’État de Portland, la vapeur inhalée avec ce type de cigarette pourrait être 5 à 15 fois plus cancérigène que la fumée de cigarette traditionnelle. Voici l’explication.

Lorsqu’un vapoteur tire sur sa cigarette électronique, l’e-liquide avec lequel elle fonctionne chauffe pour se transformer en vapeur. Problème : à trop haute température, les agents chimiques contenus dans ce liquide forment du formaldéhyde, une substance classée depuis 2004 comme « cancérogène avéré pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ).

L’e-cigarette dangereuse en cas de surchauffe

Pour comprendre à quel moment le formaldéhyde se fabriquait, les scientifiques ont utilisé une machine à inhaler de la vapeur de cigarette électronique, d’abord à faible, puis à haut voltage. Lorsque la machine fonctionnait à faible voltage (3,3 V), le liquide chauffait normalement, et aucune substance cancérigène n’était observée. En revanche, lorsque la machine était branchée sur un voltage élevé (5 V), les chercheurs ont pu constaté la formation de formaldéhyde, en quantité bien plus importante que lors de la combustion d’une cigarette classique.

Selon eux, un vapoteur qui absorbe chaque jour 3 millilitres d’e-liquide chauffé au maximum, inhale au passage 14 milligrammes de formaldéhyde. Comme s’il avait fumé, au final, cinq paquets de cigarettes.

Des conclusions un peu trop hâtives ?

En réalité, explique Peter Hajek, directeur de la division sur le tabagisme à la faculté de Médecine et de dentisterie de Londres, interrogé par l’AFP, les fumeurs d’e-cigarette n’en arrivent jamais à inhaler de telles quantités de formaldéhyde, pour la simple et bonne raison que « lorsqu’ils surchauffent le liquide, cela produit un goût âcre désagréable, ce qu’ils évitent de faire. »

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Thomas Levy