Cécile Duflot a quitté la direction d’Europe-Ecologie-Les verts (EE-LV)

Sur fond de larme à l’œil et voix tremblante, Cécile Duflot a passé ce samedi le flambeau de la direction d’EE-LV à Pascal Durand après un discours « sentimentalo-politique ».

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Cécile Duflot, Daniel Cohn-Bendit et Pascal Durand quittant l'Elysée après avoir rencontré le président Sarkozyen 2009 ©Sipa

Après dix ans à la direction, dont six ans passés à la tête du parti d’Europe-Ecologie-Les-Verts (EE-LV), Cécile Duflot devenue Ministre du logement du gouvernement Ayrault a laissé sa place ce samedi à Pascal Durand. L’élue a prononcé un discours ému devant les 150 représentants du conseil fédéral du mouvement écologiste. Elle a tenu a précisé qu’elle ne voulait pas « revivre le temps des conflits que nous avons mis tant de temps à dépasser », faisant là aux derniers conflits et critiques internes au parti écologiste, notamment la verve acérée de Daniel Cohn-Bendit qui n’a pas hésité ces derniers jours à la taxer d’arriviste : « arrête de jeter des pavés » lui a-t-elle rétorqué aujourd’hui. Cécile Duflot a terminé son discours quasiment au bord des larmes et a affirmé son soutien à Pascal Durand, l’actuel porte-parole et unique candidat à sa succession.

17 députés écologistes à l’assemblée nationale

Cécile Duflot a par ailleurs fait comprendre qu’eu égard à sa position dans le gouvernement Ayrault elle ne pourrait s’exprimer avec autant d’indépendance qu’elle le souhaiterait, suivant un principe de cohérence gouvernementale : l’épisode de sa prise de position sur le cannabis en pleine campagne des législatives y est sans doute pour quelque chose. Aussi invite-t-elle les nouveaux députés et sénateurs écologistes à faire entendre clairement la voix du parti EE-LV.
Cécile Duflot a conclu son discours « sentimentalo-politique » comme elle l’avait elle-même défini comme elle l’avait commencé : avec émotion.
La première mission de Pascal Durand, apprécié dans son parti, sera sans doute de remettre un peu de liant chez les membres de EE-LV et calmer l’ami Dany Cohn-Bendit dont beaucoup semble s’accorder chez les Verts sur le fait qu’il met un peu trop d’huile sur le feu. Des restes de l’esprit de mai 68 sans doute.

Eléonore Verdy