Ces Français(es) qui ne veulent pas d’enfants

Une étude de l'Ined révèle que 6,3 % des hommes et 4,3 % des femmes n'ont pas d'enfant et ne souhaitent pas en avoir. Un choix difficile à assumer dans la société actuelle.

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Seuls 3 % des femmes et 5 % des hommes en couple disent ne pas vouloir d'enfant. ©ThinkStock

« Je ne veux pas d’enfant. » Cette affirmation, plutôt rare, est assumée par 6,3 % des hommes et 4,3 % des femmes en France. L’Ined (Institut national d’études démographiques) s’est penché sur ce sujet tabou, à travers l’étude « Rester sans enfant : un choix de vie à contre-courant », publiée ce mercredi.

Refuser la paternité/maternité, est « un peu hors-norme dans un pays nataliste et fier de l’être », « où la politique familiale française représente environ 100 milliards d’euros par an », souligne Corinne Maier, l’auteur de No Kids (« pas d’enfants »), dans les colonnes du Figaro. « C’est un choix lourd à porter, résume Charlotte Debest, une des auteurs de l’étude. Il est mal vu mais aussi mal compris. On refuse d’entendre qu’il puisse être épanouissant, surtout pour les femmes car on considère que la maternité fait partie de leur identité. »

Les femmes diplômées, plus nombreuses à ne pas vouloir être mère

D’après les travaux de l’Ined, les Français en couple sont moins nombreux à déclarer ne pas vouloir d’enfant : seuls 3 % des femmes et 5 % des hommes en ménage résistent au diktat de la société, qui pousse les 25-35 ans à devenir parents. Parmi les femmes célibataires, ce sont les plus diplômées qui assurent ne pas être attirées par la maternité, soit 19 % de celles qui ont un niveau d’étude supérieur à Bac+3. « Elles ont un autre statut dans la société que celui de mère », suppose Charlotte Debest.

Les « No Kids » ne sont pas des gens malheureux

Mais pourquoi ces réfractaires aux couches-culottes refusent-ils de fonder une famille ? Si la plupart imagine les « No Kids » comme des personnes malheureuses ou pessimistes, l’étude révèle qu’elles sont visiblement plus soucieuses de leur épanouissement personnel que bridées par leurs problèmes. « Huit fois sur dix, femmes et hommes déclarent ‘être bien sans enfant’. » L’âge avancé, les questions matérielles ou les raisons de santé ne sont en effet que très peu évoqués comme moteur de leur choix. « Les personnes volontairement sans enfant mettent en relief la tension entre deux valeurs de la société contemporaine : la liberté individuelle et la famille », conclut l’Inded.

Mathilde Bourge